Elon Musk va-t-il aller au bout de son rachat de Twitter pour 43 milliards de dollars ?

Un tweet en avance, deux tweets en arrière. Elon Musk a semé le doute, vendredi 13 mai, sur son intention de racheter Twitter. Il y a quelques jours, j’ai publié un message indiquant que l’acquisition était “en suspens” in raison de doutes sur les faux comptes présents sur le réseau social, le fantasque patron a assuré être “toujours engagé” à mener à bien la transaction.

Signe de fièvre causé par des atermoiements milliardaires, le cours de l’action Twitter a plongé. Le titre est vendu à un prix majoré de 40 dollars, soit le montant de 54,2 dollars l’action qu’Elon Musk propose dans son offre de rachat et que valorisaient l’entreprise à 43 millions de dollars. L’opération pourrait-elle capoter ? Franceinfo est penché sur la question.

Dans son message publié vendredi, le patron de Tesla déclare vouloir s’assurer “Que les spams et les faux comptes représentent bien moins de 5%” des 229 millions d’utilisateurs actifs revendiqués par Twitter. Un sujet loin d’être annexe pour le réseau social : ces “Les comptes automatisés sont un problème endémique sur le plateau, où les acteurs politiques, les escrocs et même les services de propagande d’Etat ont recours aux robots des comptes pour diffuser et amplifier leurs messages”écrivez Le Monde.

De faux comptes (se faisant d’ailleurs parfois passer pour Elon Musk) ont, par le passé, caché à des croqueries à la cryptomonnaie, tandis que d’autres ont volé les informations de connexion des utilisateurs. Insupportable pour le milliardaire, qui avait erigié l’éradication de ces comptes frauduleux en tête de ses futures priorités au moment d’officialiser son offre de rachat.

Le taux de 5% de faux comptes provient de documents transmis au printemps par Twitter (Document PDF) auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), chargée du contrôle des marchés financiers aux Etats-Unis. Suite “ce chiffre officiel est cependant bien inférieur à certaines estimations”soulagez-le New York Times (articles en anglais)qui rappelle que le réseau social “n’impose que peu de restrictions” au moment de l’enregistrement, ce qui facilite la création de comptes fantômes.

Twitter donne lui-même du grain à moudre à ses détracteurs. Avec les documents transmis à la SEC, le réseau social est rédigé en effet avoir “J’ai appliqué un jugement important” pour fixer à 5% la quantité de faux comptes présents sur sa plateforme, et aljoute que leur “réel name (…) pourrait être plus élevé que [son] estimation”. Ce qui n’est pas anodin, puisque la valeur financière du réseau social repose sur 229 millions d’utilisateurs quotidiens dits “monétisables”, c’est-à-dire exposés à la publicité.

Soustrayez le moment choisi par Elon Musk pour faire partie de ses hésitations un de quoi surprendre. comme je soulageais Variété (articles en anglais), l’estimation de 5% de faux comptes apparaît dans les documents déposés par Twitter derrière la SEC après son entrée à la Bourse de l’entreprise, désormais nouvelle. Le milliardaire aurait donc pu réclamer des vérifications avant de formuler son offre d’achat. Pour parfois un peu plus le doute, j’annoncerai vouloir vérifier les chiffres avancés par Twitter en utilisant une méthode à la rigueur contestable : vérifier les faux comptes sur un échantillon de cent pris au hasard.

Certains analystes estiment que l’affaire des faux comptes sera un prétexte pour l’entrepreneur pour entreprendre un bras de fer avec l’entreprise. “Wall Street va maintenant estimer que la transaction est sur le point de tomber à l’eau, ou qu’il s’agit d’une tentative de Musk de négocier un prix d’achat plus bas”a commenté auprès de l’AFP Dan Ives, analyste chez la société d’investissement Wedbush Securities.

Prévoir que le nom des services publics monétisables soit en dessous de la communication officielle sur Twitter permettant à Elon Musk de disposer d’un argument de masse pour payer moins que les 43 milliards de dollars initialement promis. Ce qui aurait un intérêt immédiat pour lui : pour acheter le réseau social, l’entrepreneur a en effet élaboré un montage financier basé sur la fois sur des prêts classiques auprès de banques et d’investisseurs, mais également sur des prêts gagés sur des actions Tesla, même s’il s’agit de la vente directe d’actions Tesla pour une somme d’argent atteignant 21 millions de dollars, rappelle Le Monde. Or le cours du constructeur automobile a baissé de 29 % en un mois, ce qui complique les affaires de leur patron.

La stratégie du pointer du doigt des performances moins bonnes qu’attendues pour gagner à la baisse le prix d’achat d’une entreprise peut être payante : en septembre 2020, le groupe LVMH avait renoncé à son rachat du joaillier Tiffany en invoquant le contexte de la crise économique provoquée par le Covid-19, rapportaient des valeurs Les échos. Après s’être menacés de poursuites judiciaires, les deux groupes avaient fini par se réconcilier en s’accordant sur un prix de rachat revu à la baisse.

Quoi qu’il en soit, Elon Musk peut-il utiliser le prétexte des faux comptes pour faire complètement capoter la transaction ? L’interessé n’a rien dit sur le sujet. More la manooeuvre ne serait pas sans risque : l’accord conclu entre lui et Twitter avant la rupture d’un million de dollars en cas de retrait. Je l’ai embauché pour se comporter une “clause particulière d’exécution” qui obligerait le milliardaire à aller au bout de son engagement s’il s’agit d’un plan de financement viable, l’assure New York Times.

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