L’affaire des courriers «piqueurs» de mystérieux maîtres-chanteurs

Paris, fin juin 2007 dans le 17e arrondissement. Le responsable marketing et communication d’un des leaders de la jeunesse en France rentre a comb de vacances. Dans d’autres courriers, elle est au niveau d’un doigt après avoir ouvert une petite boîte rouge, semblable à un écrin à stylo, que se trouve dans une enveloppe kraft. Dans y regardant de plus près, elle note la présence d’une série de petites aiguilles.

Intriguée plus qu’effrayée, elle s’empare d’une lettre, glissée dans la même enveloppe. More le message qui s’y trouve glacé les sangs : le ou les mystérieux auteurs de cet envoi indiquent que les pointes qui viennent de lui percer l’épiderme sont enduites d’un poison, – mais sans révéler la composition -, et que vous avez quelques jours pour administrer l’antidote. A condition qu’elle soit vue une rançon. Si elle ne passe pas, les racketteurs lui subiront une mort violente… Ces derniers exigeants de se voir versent 20 000 € pour fournir leur remède. Conduite à l’hôpital, la victime sera rasée trois fois : elle n’est contaminée par aucune substance toxique et se comporte bien.

Une fois le choc passé, elle dépose plainte avant d’être convoquée dans les locaux de la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), une des brigades de la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) de Paris. La chargée de communication y détaille la nature du bien curieux colis dont elle a été destinataire, mais aussi le circuit, non moins alambiqué, de remise de l’argent demandé. Ses rançonneurs ont élaboré un véritable jeu de piste : la victime doit se connecter à un site de rencontres libertines, puis s’y inscrire selon des critères bien précis (âge, taille, poids…) avant d’être contacté par téléphone.

(Document Actu17)

Une deuxième victime dans le 6e arrondissement

Devant la bonne nouvelle de la mésaventure et récupéré le fameux colis piégé, les enquêteurs lui confient qu’elle n’est pas la seule à voir été visée par ce chantage élaboré.

Un mois plus tôt, toujours à Paris, un homme, agé d’une cinquantaine d’années, employé dans une agence d’achat et de vente de monnaies anciennes, située dans le 6ème arrondissement, est admis aux urgences d’un établissement hospitalier parisien : alors qu’il vient d’ouvrir une boîte noire, censée contenir des pièces de collection à expertiser, il a vu la peau de l’un de ses pouces transpercer par une gamme d’une dizaine de petites aiguilles. Dans lâchant la boîte, sous l’effet de la surprise, il a également découvert un message indiquant qu’il avait dépensé 30 000 €, via une connexion sécurisée sur internet, il serait «mort dans les six heures». Aussi, ce sont nos racketteurs qui lui précisent qu’il a été piqué par des pointes empoisonnées. Après analyses, aucun poison n’a été détecté sur les dites aiguilles…

(Document Actu17)

« On ne saura jamais si d’autres personnes ciblées ont payé la rançon réclamée »

Saisis d’une enquête pour « menaces de mort sous », les policiers de la BRDP ont lancé plusieurs opérations de récupération. Ce qui leur permet de retrouver trace de deux autres envois similaires… près de dix ans plus tôt ! « Le système d’éjection des aiguilles était assez sophistiqué »confie aujourd’hui une source policière. « Et surtout imparable. Doté de gros ressorts à l’arrière de la boîte, vous ne pouviez pas faire autrement que vous piquer. Le ou les auteurs de ces envois sont un peu creusés la tête quand même ». Et on fait en sorte d’être particulièrement prudent. Au point de ne jamais être identifié. « L’autre inconnue qui reste dans le dossier est le nom exact des victimes »notez la même source. « On ne saura jamais si d’autres personnes ciblées ont payé la rançon réclamée. Il y a trois chances que les maîtres-chanteurs ne soient pas contents avec quatre victimes ».

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