Manne financier, communauté de fans d’elargie, attraction de sponsors… Les NFT, nouvel Eldorado dans le monde du sport ?

Ils ne sont pas les premiers mais loin d’être les derniers. La Fédération française de tennis (FFT) lance, mardi 17 mai, la première de la collection NFT en prévente pour ses licences, avant une vente publique jeudi. Les NFT, acronyme en anglais « non-fungible token », qui signifie en français « jeton non fongible », sont le nouveau business qui affole le milieu du sport.

En clair, les NFT sont des objets numériques qui peuvent prendre plus de formes comme une image, une carte ou une vidéo. Chaque NFT édité est unique. Afin de garantir leur authenticité, ces NFT disposent de titres de propriété infalsifiables, basés sur la technologie des blockchains (celle qui identifie les transactions d’échanges de cryptomonnaies). La plupart du temps, les NFT sont vendus sur des plateformes dédiées et l’achat s’effectue en bitcoin ou ethers, deux des cryptomonnaies concurrentes. Comme pour des œuvres d’art soumises à des cotes, les NFT peuvent revendre et prendre en valeur.

Les NFT sont imposés comme de véritables investissements, bien au-delà du sport. Tu Le principal site de trading NFT, OpenSea, aurait vendu des millions de dollars de ventes NFT en 2021 et plus de 10 milliards de dollars en novembre de l’année dernière, un record.

“In-dehors de la finance et du secteur de la ‘tech’, le luxe et le sport sont les secteurs qui investissent le plus dans les NFT.”

Julien Pillot, économiste, enseignant à l’Inseec et spécialiste des marchés technologiques

à franceinfo : sport

pourquoi? “Tout semble simplement être sur les domaines applicatifs les plus évidents”, rétorque Julien Pillot, économiste, enseignant à l’Inseec et spécialiste des marchés technologiques. Comme tout investissement, les NFT ne sont pas sans risque et dépendent de la spéculation. En effet, lorsque vous atteignez un NFT, personne ne peut dire commenter sa valeur va évaluer. De la même manière, les cryptomonnaies, qui permettent les échanges, dépendent d’un cours volatil.

Cet argument n’a pourtant pas découragé le milieu sportif. Après les années 2018-2019, de plus en plus d’acteurs du monde du sport, clubs, fédérations sportives ou athlètes, investissent sur ces actifs numériques. Pour l’heure, seuls les sports très médiatisés ont tenté leur chance tes le football, le rugby, le basket, le tennis ou encore le cyclisme.

En 2021, la NBA a également lancé sa collection de NFT sous forme d’extraits vidéo de quelques secondes montrant une action de jeu qu’a marqué l’histoire de la ligue américaine. La start-up française Sorare lui a apporté un vif succès avec ses cartes NFT à collectionner auprès de quelque 6 000 footballeurs, qui ont également surnommé les cartes Panini virtualisées. Cette entreprise était valorisée à près de 4 milliards d’euros à l’automne 2021.

La Fédération française de tennis (FFT) lance, mardi 17 mai, sa collecte de 5 000 NFT représentant les sièges du court Philippe-Chatrier.   (Fédération Française de Tennis)

La FFT a lancé elle, mardi 17 mai, une collecte de 5000 NFT. Chacun d’entre eux représente un siège numéroté par le tribunal Philippe-Chatrier, avec un design unique pour chacun. Spécificités du projet : l’adresse NFT est différente, non pas en cryptomonnaies, mais en euros pour les cartes bancaires sur un site dédié à Roland-Garros. “Nous sommes prudents sur ce projet, nous ne voulons pas précipiter les choses et prendre des risques dans des mécaniques que nous ne connaissons pas encore bien”, s’il vous plaît Amélie Oudéa-Castera, directrice générale de la FFT.

A la différence des produits dérivés de ceux qui ne sont pas vendus, qui en est un pour les marques, les NFT peuvent être eux revendus à l’infini. Et tout l’intérêt est qu’à chaque resente du NFT, le créateur peut percevoir un pourcentage. “Un NFT est un programme informatique, qui aura un contrat. Le créateur du NFT peut établir la règle qui change, le club et/ou les jeunes qui n’utilisent pas l’image, récupèrent un pourcentage du temps engagé”, explique l’économiste Julien Pillot.

“A chaque projet, ses objectifs stratégiques. Le NFT et la blockchain ne sont pas quelle technologie. En fonction de qui vous êtes et de ce que vous êtes mais, votre employeur est différent.”

Julien Pillot, économiste et enseignant à l’Inseec et spécialiste des marches technologiques

à franceinfo : sport

En fait, quoi ?Quand la NBA montre les meilleurs moments de l’histoire de la ligue en vidéo sous forme de NFT, ils font l’objet de pouvoir trouver un relais de communication supplémentaire pour faire parler de la NBA, mais aussi de trouver des compléments de revenus assez conséquences.

Si les NFT sont un moyen de faire émerger de nouvelles sources de revenus pour les clubs et fédérations, ils ont toutefois d’autres atouts. “Les NFT permettent aussi de créer de l’engagement des fans autour des marques, notamment auprès de ceux qui sont eloignés, qui n’ont pas l’habitude d’aller au stade et qui consomment le sport différemmentet cela est un vrai enjeu aujourd’hui pour les clubs et les marques des compétitions”, développé par Magali Tézenas du Montcel, spécialiste de l’économie du sport, et déléguée générale du Sponsoring (organisme référente pour penseur et influenceur le développement de l’économie du sport).

Pour cela, l’achat de NFT, je comprends, dans la plupart des cas, des avantages exclusifs pour le détenteur. Un moyen de créer un lien numérique avec les fans, et de les insérer, plus ou moins, à la vie du club ou d’une compétition. C’est tout l’enjeu du projet de NFT J’ai lancé le 25 mai (en prévente, le 26 pour la vente publique) pour le Club sportif Sedan Ardennes, club de football évoluant en National 1.

“Notre objectif est de croire en une crypto-communauté, Temoigne Marc Dubois, le président du club. On privilégie les approches numériques car sur ce territoire avec une population limitée, et cette opération s’enregistre clairement dans une démarche de valorisation et de promotion du club, pour son développement.” L’achat d’une des 11 011 cartes NFT uniques à partir de 0,05 ethers (soit 133, 99 euros) à l’effigie de la mascotte du club, le sanglier des Ardennes, permettra aux acquéreurs de bénéficier de cadeaux, de participer aux jeux concours ou encore de participer aux événements physiques et virtuels du club.

La collection NFT lancée par le Club sportif Sedan Ardennes est composée de 11 011 cartes, à l'effigie du sanglier des Ardennes, mascotte du club.  Chaque carte est unique, avec des détails différents sur chaque carte comme les accessoires, les fonds, la couleur du pelage etc.   (Club sportif Sedan Ardennes)

L’objectif est le même pour la Fédération française de tennis. Les acheteurs d’un siècle numérique au sud de la Banque Centrale rejoignent un club dans lequel leur seront réservés une série d’avantages exclusifs : possibilité de gagner les balles de matchs joués sur le Central lors de l’édition 2022, billets VIP pour Roland-Garros et pour le Rolex Paris Masters, des visites personnalisées du site ou encore des rencontres avec des joueurs et joueuses du circuit.

Le Stade français, premier club du Top 14 à s’être lancé dans la NFT en mars dernier, a lui choisi une autre option. Après avoir proposé à l’achat des cartes à l’effigie du club et de ses joueurs, le club veut aller plus loin. “We NFT va s’adoser à un jeu de Fantasy (Jeu où les participants endossent le rôle de propriétaires d’équipes sportives, et défient d’autres joueurs sur la base de résultats des vrais joueurs et équipes, ndlr) pour la saison prochaine, une première dans l’ovalie, annonce Georges-Henry Bediou, directeur du développement et de la communication du club. Les cartes auront une double fonction : un rôle dédié à la collection, soit le rôle traditionnel des NFT, et elles pourraient aussi avoir un rôle dans le jeu.”

Une double fonction qui contribue avec une valeur supplémentaire à ces NFT en fonction des performances. “On peut enrober cela de tout un tas de petits discours marketing, comme créer de nouvelle communauté ou attirer de nouveaux publics, mais la raison de ces projets divers est avant tout financière”, argumente l’économiste Julien Pillot.

Ces nouvelles communautés intéressent autant les grands que les petits clubs, et pour cause, puisqu’une communauté élargie est un de taille devant les sponsors. “Si votre base de fans est plus large, allez la monétiser auprès des partenaires, et cela va générer indirectement des revenus pour les clubs”, traduit Magali Tézenas du Montcel, spécialiste de l’économie du sport.

D’ailleurs, la démarche des NFT s’inscrit dans une logique plus large, celle de la diversification de l’économie du sport. “Tu Le modèle économique des clubs de foot est à repenser, qu’ils soient professionnels ou amateurs. Tous les clubs sont difficiles”, confirme le président du Club sportif Sedan Ardennes, Marc Dubois.

“A Sedan, si nos avions sont entrés dans une marche d’innovation, le club aurait du mal à survivre.”

Marc Dubois, Président du Club Sportif Sedan Ardennes

à franceinfo sport

Si la pandémie covid et ses répercussions financières ont pu enclencher certaines dynamiques, “Rien ne démontre toutefois une relation de cause à effet pour cet engouement envers les NFT”, appuie l’économiste Julien Pillot. “LLe facteur prépondérant de nore projet est cette innovation de plus en plus bouillonnante dans le monde des NFT. Nous ne voulions pas être en reste”, a reconnu Amélie Oudéa-Castera. Prochaine étape, le métavers, autrement dit le monde virtuel, que les acteurs du sport commencent à s’approprier ? “C’est en effet la réflexion d’après. Le métavers fait partie de notre feuille de route.” Le monde du sport n’a donc pas fini de se réinventer.

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