Crédit immobilier : faut-il craindre la hausse des taux, est le bon moment pour acheter ?

Après de nombreuses années stagnantes à des niveaux extrêmement bas, les taux sont résolument engagés dans une tendance haussière. Un simple retour à la normale ?

Tous les professionnels du crédit immobilier le reçoivent : les taux pratiqués ces dernières années étaient situés à des niveaux “anormalement” bas. Ce qui avait pour effet d’attirer de nombreux acquéreurs… mais aussi d’engendrer une hausse du prix des logements du fait de l’argent pas cher. Après quelques semaines, on observe une tendance haussière des taux.

Et, si l’on en croit Maël Bernier, directrice de la communication du site Meilleurtaux, “la hausse des taux est bel et bien là et pour de bon”. Conséquence : “Les barèmes haussiers reçus depuis fin mars prouvent que les emrunteurs vont faire face à une situation plus compliquée que celle à laquelle ils s’étaient habitués depuis maintenant plusieurs mois”. Faut-il pour autant s’en agiter ? Midi Libre fait le point.

1. Quels sont les niveaux de hausse ?

“Tous les profils et toutes les durées sont concernées, du dossier moyen à l’excellent profil, note-t-on chez Meilleurtaux. Les taux remontent plus rapidement qu’attendu et la tendance se confirme de jour en jour. La fourchette haussière se entre +0,15% et +0,45%”. Les taux moyens se situent donc autour de 1.20% sur 15 ans, 1.35% sur 20 ans et 1.50% sur 25 ans début avril.

Mais, “il n’est pas du tout impossible que nous recevions d’autres barèmes haussiers faisant encore monter les chiffres observés en début de mois”. Dans la région, les équipes Meilleurtaux ont noté des taux qui se situent à 1,01% pour une durée de quinze ans. Contre 0,89% sur le sud-ouest. Et même 0,75% sur la grande région lyonnaise.

2. Faut-il s’inquiéter ?

Malgré la hausse, les taux restent encore bas. “Il fallait s’y attendre. Les taux étaient tellement bas qu’ils ne pouvaient que remonter”, insiste Julien Gros, au sein du cabinet montpelliérain Crédit2L, spécialisé dans la renégociation de crédits. Il ajoute : “Même si la hausse peut paraître brutale, les taux restent encore bas, raisonnables”.

A cela s’ajoute le rabais du Haut Conseil sur la stabilité financière (HCSF), qui impose une taxe aux emprunteurs limitée à 35% de leurs ressources. Il est antérieurement fixé à 33% des revenus. « Potentiellement, on peut trouver aujourd’hui un emprunteur qui ne pourrait pas être financé par une banque, reconnaît Sébastien Baggio, directeur du réseau à la Banque populaire du sud (BPS). Néanmoins, cela reste rare.

Mais, surtout, on n’a sans doute jamais eu besoin de construire un projet sur mesure car nore mission est de trouver des solutions pour nos clients”. Lui aussi en convient : “Comparés aux 20 à 25 dernières années, nous restons encore sur des bases fondamentalement basses et attractives pour le client”. Enfin, le responsable du BPS a rappelé cet élément incontournable : “il faut toujours comparer le coût de l’argent à l’inflation”. Résultat : “1.5% sur 10 ans Comparés aux 3 % à 5 % de l’inflation, ça reste toujours une bonne affaire pour l’emprunteur”.

3. La hausse est-elle temporaire ?

Expert au sein du cabinet nîmois Patrimoine Invest, Jean-Jacques Lafont considère que “la hausse des taux est structurelle, elle n’est pas là pour juste quelques mois”. Il insiste : “nous devrions vivre avec des hausses de taux régulièrement dans notre vie de tous les jours”.

Il rappelle aussi que l’immobilier est une histoire de cycles. “Il y a quelques années, sur l’emprunt à des taux de 4,5%, voire 6%. Donc être, comme aujourd’hui, en dessous des 2%, ça reste très attractif et intéressant pour emprunter”. Il insiste sur le fait de “faire jouer la concurrence entre les banques”. Et pour y arriver, “le mieux est de s’appuyer sur les courtisans que négocient avec les banquiers pour obtenir des taux attractifs. Ce sont eux qui ont la vision la plus large du marché”. Il semble que “tous les établissements bancaires n’aient pas à forcer l’envie de faire du crédit”.

“C’est le bon moment pour acheter”

Présidente de Syneos, un groupement immobilier national qui a son siège à Saint-Jean-de-Védas, dans l’Hérault, Hélène Fraysse considère que “c’est maintenant qu’il faut acheter”. En effet, ajouté à cela, “les impôts devraient continuer d’augmenter en atteignant 2% à 2,5% d’ici la fin de l’année, la pratique donc de profiter de l’impôt que reste encore assez bas”. D’autant, enchaîne-t-elle, que “la hausse des taux peut entraîner une baisse des prix”. D’après les informations des agences du réseau, “il semblerait que les candidats au poste attendent actuellement une certaine attention”.

4. Quels sont les « bons » taux ?

Les équipes de Meilleurtaux ont démontré ce qui, eu raison de l’observation des différents niveaux de taux pratiqués, quels étaient, les taux qualifiés de bon sur tout le pourtour méditerranéen. Pour une durée de 7 ans, le taux « excellent, plus rare » sera de 0,69 %. Sinon, un “très bon” sera à 1.06% et un “bon” à 1.16%. Sud 10 ans, c’est, respectivement, c’est 0,75%, 1,07% et 1,2%. Sud 15 ans : 1,1 %, 1,3 % et 1,48 %. Sud 20 ans : 1,23 %, 1,43 % et 1,55 %. Enfin, sur 25 ans (durée maximum) : 1,35%, 1,57% et 1,65%. A noter que la plupart de ces taux sont observés à la hausse ces dernières semaines.

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