Hidalgo lance sa bataille sur le périphérique

J’ai publié la miséricorde le 18 mai 2022 à 18h52

D’une “ceinture grise” à une “ceinture verte” où les arbres remplaceront une voie de circulation : la maire PS de Paris Anne Hidalgo a présenté mercredi son projet de transformation du périphérique prêté chaque jour par un million d’automobilistes.

Une semaine après avoir proposé de l’avenue des Champs-Élysées, elle s’est transposée sans le feu vert préalable de l’État.

L’ex-candidat du PS à la présidentielle est décidé à tourner la page du son score désastreux du 1er tour (1,74%) en représentation au plus vite l’initiative et les grands dossiers de son second mandat, qui court jusqu’à 2026.

Et ce d’autant plus que celui du réaménagement de la Tour Eiffel vient de upload deux coups durs, entre le renoncement à l’abattage d’arbres au pied de la Dame de Fer – pour constructeur des bâtiments – et l’opposition du préfet Policier Didier Lallement.

L’élue socialiste a donc mi un coup d’accélérateur sur un autre sujet ultra-sensible, la transformation en “boulevard urbain” du périphérique, lui valant d’être immédiatement accusée à droite de mener “une politique anti-banlieue”.

– Dix hectares à gagner –

Plusieurs maires de la petite couronne, majoritairement de gauche, sont en venus à appuyer le projet mercredi lors d’une conférence de presse où Mme Hidalgo a confirmé que la “voie olympique” réservée aux participants lors des Jeux Olympiques de 2024 sera ensuite pérennisée et Book bus, taxis et covoiturage.

Selon son adjoint (EELV) aux mobilités David Belliard, l’encouragement au covoiturage pourrait permettre de retirer 80 000 véhicules de l’axe circulaire de 35 km.

A l’horizon 2030, le périphérique ne comptera plus quatre voies comme le plus souvent, plus trois, pour préciser M. Belliard.

La place gagnée – 10 hectares – sera au profit des arbres, avec 20 000 plantations plus 50 000 laissées par les promesses de 2024.

L’avènement de la « nouvelle ceinture verte » a également passé pour la rénovation des ports de Paris : cinq « places » doivent être livrées et six engagées d’ici les Jeux, et sept autres « entièrement réhabilitées » d’ici 2030.

Mme Hidalgo veut ainsi offrir aux 500 000 habitants vivant de part et d’autre de cet ax rapide un “cadre de vie plus harmonieux, plus agréable”.

More la “livraison de nouveaux quartiers aux abords” du périph’ dérange ses alliés écologistes, que réclament un “moratoire sur les constructions” jusqu’à la transformation effective en boulevard urbain afin de ne pas exposer “les habitants et les travailleurs” à la pollution, a souligné l’élu EELV Émile Meunier à l’AFP.

Autre point de désaccord avec les écologistes : l’abaissement de la vitesse de 70 à 50 km/h que ces derniers réclament. “Ce n’est pas le sujet aujourd’hui, ça viendra peut-être plus tard”, a répondu Mme Hidalgo à l’AFP.

– L’État prévient, la droite s’oppose –

Surtout, bien que le périphérique soit une infrastructure municipale, Mme Hidalgo ne peut se passer de l’accord de l’État sur la circulation.

Selon la préfecture de police, le périphérique fait ainsi partie des voies pour lesquelles le maire de Paris doit lui communiquer “les projets de modification avant leur mise en œuvre”.

“Séoul le principe d’une voie réservée” pour les JO “a été validé”, souligne la préfecture. “Mme Hidalgo in parlera avec le futur gouvernement”, répond son premier adjoint Emmanuel Grégoire.

Mme Hidalgo, dont le premier mandat avait été marqué par un long combat judiciaire pour transformer en promenade piétonne les voies sur berges de la droite, comprendre mener “toutes les concertations légales” et promis “d’écouter” les automobilistes lors d’un ” carrefour des mobilités » organisé en septembre.

“Pas la moindre étude d’impact n’a été présentée au débat pour analyser les conséquences d’une telle décision pour les Parisiens et les Franciliens”, a fustigé dans un communiqué son opposition LR.

Radicalement opposée au projet, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, qui a organisé fin 2021 une consultation en ligne auprès de 90% des électeurs opposés à la “suppression” d’une voix sur le périphérique, n’a un pas tardé à réagir.

Dans un communiqué, la région annonce la Commission nationale du débat public (CNDP) pour qu’une “vraie concertation soit enfin organisée” sur le sujet.

“La Ville de Paris ne peut s’entêter à faire cavalier seul sans à aucun moment évaluer les conséquences d’un rétrécissement définitif du périphérique”, dit la région pour que 40 % des trajets sur le périph’ se font de banlieue à banlieue, et 80% des utilisateurs sont des non-parisiens.

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