“Junk Head” : surtout n’emmenez pas vos enfants voir ce film d’animation cinglé, mais surtout allez-y !

Film d’animation au tome aussi clivant que délirant, “Junk Head” qui a fait le tri le 18 mai dernier, avait besoin de septembre et d’un travail acharné à son auteur démiurge Takahide Hori. Une œuvre-monstre à la fois drôle et glauque, qui synthétise un siècle d’imaginaire cinématographique horrifique, science-fictif et graphique.

L’animation en volume, ou stop motion, est en soi déjà un exploit insensé puisqu’elle consiste à prendre une photo d’une scène fixe, à modifier légèrement le contenu de ladite scène, à prendre une autre photo, à en modifier une nouvelle pour la pause, etc., jusqu’à ‘ à un minimum de douze itérations pour chaque seconde requise de film. Ainsi, aura-t-il fallu sept années à Takahide Hori pour tourner les quelque 140 000 plans nécessaires aux 100 minutes que dura Tête indésirable !

Une affolante prouesse technique

Il en est tout à la fois le réalisateur, l’auteur, le chef-opérateur, le décorateur, le monteur, le doubleur, le compositeur… Et pour cause : cinglé de cinéma, l’ancien étudiant en art gagnant alors sa Ven comme décorateur d’intérieur s’est j’ai lancé tout seul dans l’aventure en 2009 comme un défi lancé à sa quarantaine approchante! Complet autodidacte en matière d’animation (merci, les livres et les tutos !), il s’est employé à donner vie, littéralement, à ses visions de cinéma pur en 24 images/seconde, sans considération pour leur rendement.

Au bout de quatre ans d’un travail de bénédictin (frappadingue, le bénédictin !), j’avais ainsi achevé en solitaire un court métrage de trente minutes. Publiée sur YouTube, cette version “bêta” de Tête indésirable à affolé la toile et les éléments sur Takahide Hori, l’attention des producteurs et réalisateurs du monde entier. If Hollywood lui a fait un pont d’or pour transformer essai en long métrage, el a préféré sa liberté artistique (totale): thanks au soutien financier d’une société de production japonaise, parachevé son projet à sa manière toute personnelle mais avec du renforcer ! Trois ans ont donc suffi pour produire las 70 minutes más… Même si j’ai fini en 2017, Tête indésirable Fait le tour des festivals, où il a partout retourné le cerveau, et al finir par raffir en 2020 au Japon, où il fait depuis l’objet d’un culte. Ils ont raison : Tête indésirable c’est une folie !

Une déclaration d’amour cinglée au cinéma

L’histoire : dans un futur très lointain, les hommes ne meurent plus mais ils ne procréent plus non plus. Leurs clones, qui effectuaient docilement les tâches les plus ennuis et dangereux, ont été exilés dans un giganteque monde sous-terrain, où ils ont muté et proliferé… Parton est envoyé en mission pour découvrir les secrets oubliés de la procréation. Ils sont odyssée sera mouvementée, angoissante, gore, burlesque, dérangeante, poétique, craspec, métaphysique et… (très) bizarrement tordante.

Plus they are animation d’une fluidité telle qu’on en oublie les circonstances de sa fabrication, ou que sa narration qui, elle, trahit par sa progression erratique dite naissance compliquée, c’est sa mise en scène qui frappe, et stupéfiante, par sa virtuosité azimutée, limite cartoonesque (façon Sam – Evid Dead – Raimi) et par la richesse de son vocabulaire technique.

Mais ce n’est rien en comparaison du monde mi-cyberpunk, mi-post-apocalyptique, qu’il développe. Peuplé de créatures grotesques, humanoïdes louches, créatures arachnéennes, vers dentés et autres affreusetés organiques, c’est un enfer labyrinthique et syncrétique, empruntant pêle-mele à Shinya Tsukamoto, Tustomu Nihei, Jérôme Bosch, Phil Tippett, William S. Burroughs, les frères Quay, Alejandro Jodorowsky, David Cronenberg, HR Giger et quelques autres bâtisseurs d’hallucinations féroces et chaotiques, sans qu’il soit besoin, au fond, d’en connaître aucun pour apprécier cet univers.

On ne rentrera pas plus loin dans le détail pour ne pas vous priver de la sidération devant cette dinguerie animée. Mais sachez, vous, qui entrez ici, qu’il vous faudra abandonner toute espérance… de ne pas en ressortir chamboulés !

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