La corrosion des réacteurs nucléaires en plomb encore plus les perspectives d’EDF

J’ai publié le Jeudi le 19 mai 2022 à 15h17.

Les résultats d’EDF ont finalement été encore plus mauvais que prevu cette année, en raison des problèmes de corrosion du parc nucléaire qui obligent à mettre à l’arrêt 12 réacteurs et vont fortement limiter la production cette année.

Le producteur d’électricité estime de manière disproportionnée que la baisse de la production nucléaire est attendue en 2022 à 18,5 millions d’euros d’Ebitda (excédent brut d’exploitation), contre 16 millions annoncés en mars (revus à 14 millions en mai), selon un communiqué de jeudi. .

A titre de comparaison, en 2021, l’EBITDA d’EDF est de 18 milliards d’euros.

Le groupe indique également une nouvelle fois “l’ajustement avec l’estimation de la production nucléaire pour 2022 à 280-300 TWh contre 295-315 TWh auparavant”.

“EDF poursuit son programme de contrôles et prépare avec la filière nucléaire la réparation des portions de tuyauteries concernées pour la corrosion sous contrainte”, a expliqué le groupe.

« On projette de manière plus fine les réparations à mener », ai-je indiqué à la rs d’une conférence de presse Régis Clément, directeur adjoint de la production nucléaire.

A ce jour, 12 réacteurs sur 56 sont en effet arrêtés pour un phénomène de “corrosion sous contrainte” (CSC) avérée ou suspectée.

EDF sous le nom “quatre pour demander les expertises ont confirmé de la CSC”, selon le responsable, no trois (Civaux 1, Chooz 1, Penly 1) en raison de la corrosion de la fois sur le système d’injection de sécurité (RIS ) – un circuit crucial qui permet de refroidir le réactif en cas d’accident – et une cellule de refroidissement à l’arrêt (RRA). Le réacteur de Chinon B3 a un déficit au niveau d’une puissance de plus sur le circuit RRA de Séoul.

“Le design aujourd’hui est une cause qui nous apparaît comme prépondérante”, à souligné Régis Clément, une cause qui semble accentuée par le soudage.

La conception avait déjà été évoquée mardi par le président de l’Autorité de sécurité nucléaire (ASN), Bernard Doroszczuk. Une cause qui pourrait expliquer pourquoi les réacteurs les plus anciens et les plus nommés, ceux de 900 MW, sont selon lui « peu voire pas » concernés par le phénomène de corrosion.

“A ce stade pour 2022, EDF considère qu’il n’est pas nécessaire d’anticiper de nouveaux arrêts de réacteurs”, indique le groupe, qui a plutôt prévu des “arrêts intermédiaires” à partir du 2ème trimestre 2023 pour quatre réacteurs.

“Nos réacteurs tournent aujourd’hui parce qu’ils sont sûrs”, a assuré Régis Clément.

– “jeu politique” –

“Quand ils veulent tuer son chien, on dit qu’il a la rage”, à réagi Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la FNME-CGT, qui voit dans la publication de ces chiffres “un jeu politique pour justifier Hercule”, un plan de restructuration d’EDF que l’exécutif et la direction du groupe conserveraient renvoyés au tableau, après y avoir provisoirement renoncé au dernier.

Emmanuel Macron avait en effet évoqué lors de la campagne pour la présidentielle une renationalisation d’EDF dans le cadre d'”une réforme plus large”.

“Nous avons augmenté la probabilité de nationalisation que nous avons augmentée à 75% contre 50% auparavant”, ont commenté les analystes de Oddo BHF dans une note. “Cette hypothèse pourrait devenir une priorité du gouvernement après l’échéance des élections législatives du mois prochain compte tenu des perspectives fragiles d’EDF”, écrivent-ils.

Le groupe, déjà lourdement endetté, fait face à une série de défis : construction de nouveaux EPR annoncée par le président Emmanuel Macron, prolongations de réacteurs, énergie des énergies renouvelables…

Le groupe avait déjà par ailleurs alerté de l’impact du relèvement par l’État du mécanisme de l’Arenh (Accès régulé à l’électricité d’électricité nucléaire historique) sur ses résultats. Le mécanisme oblige EDF à vendre au prix d’une fourniture d’électricité plus belle que les marchés et l’Etat afin d’augmenter les volumes pour contenir la maison des factures.

L’aggravation des perspectives financières justifie de “suspendre” ce dispositif, selon Amélie Henri, secrétaire nationale CFE-Unsa énergies pour EDF.

Face à un contexte difficile, le PDG du groupe a annoncé un “recours de grâce” contre cette décision du gouvernement, alors que l’Etat est la première action.

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