Paris : un marabout star d’une pièce de théâtre

«Scandaleux», s’exclame l’association Paris Animaux Zoopolis (PAZ), qui dénonce depuis de nombreux jours le recours à un marabout, cet immense oiseau sauvage originaire d’Afrique, dans un spectacle théâtral donné ce jeudi 19 mai dans le Montfort Théâtre (15e).

Après plusieurs jours, l’association Paris Animaux Zoopolis (PAZ) – qui milite pour le bien-être animal – se bat pour faire interdire un spectacle de théâtre organisé ce jeudi au Théâtre Montfort, situé rue Briançon, au cœur du parc Georges-Brassens ( 15e), dont l’un des acteurs phares est un marabout, cet immense oiseau sauvage venu d’Afrique.

“Le Montfort Théâtre propose un spectacle avec un marabout et animaux domestiques”, regrette l’association, espérant que la municipalité parisienne a autorisé le spectacle, tout en précisant qu’elle “avait annoncé la fin de l’utilisation des animaux non domestiques dans les les spectacles dans les lieux appartenant à la Ville de Paris en 2019 ».

Dès jeudi et jusqu’au 11 juin, la troupe du Théâtre Bromesko présente son spectacle «Le Jour du Grand Jour» sur l’esplanade du parc Georges Brassens, qui a installé la compagnie qui possède de nombreux animaux sauvages , dont ce marabout installé dans une volée.

« Du théâtre forain loufoque »

Du théâtre forain qualifié de « loufoque », qui pouvait intervenir divers animaux « tous domestiqués » qui appartiennent à la troupe. « Il y a aussi, et toujours chez eux, du vin, de la musique et autour des animaux, des rêves, de la légèreté, du rire et beaucoup de profondeur aussi », peut-on lire dans la description du spectacle.

Pour l’association PAZ, qui “exige le portrait de tous les animaux du spectacle”, l’important est de lutter contre la domestication des animaux sauvages. Un symbole pour les militants, qui explique que “les oiseaux sauvages captifs” sont brutalement séparés de leurs congénères et “brisés psychologiquement” parfois dès la naissance.

Et de citer la Fédération des vétérinaires d’Europe (FVE) qui expliquait en 2015 « que les animaux sauvages captifs ont le même patrimoine génétique que leurs congénères en liberté. Ils ont donc les mêmes besoins».

Si le maire du 15e arrondissement de Paris, Philippe Goujon, avait de son côté émis un avis défavorable quant à l’installation de cette compagnie dans son arrondissement, la mairie centrale avait de son côté validé le spectacle.

Dressé, apprivoisé ou domestiqué ?

“C’est un scandale que la Ville de Paris autorise un tel spectacle, organisé par un théâtre parisien, sur un terrain appartenant à la Ville, annoncé depuis 2019 et qui n’est plus jamais arrivé”, s’offusque Amandine Sansivens , co-fondateur de PAZ, dans Le Parisien.

J’ai interrogé le sujet pour nos confrères, l’adjoint à la mairie de Paris chargé de la condition animale, Christophe Najdovski, pour répondre que le marabout était « un cas très particulier, unique même ». « L’animal n’est pas dressé pour faire un numéro, il est totalement domestiqué. Il vit avec ses propriétaires depuis trente-trois ans», note l’élu.

«Vous confondez “apprivoisé” et “domestiqué”», précise de son côté l’association PAZ, qui joue la déclaration de Christophe Najdovski «scientifiquement inexacte» dans la mesure où «les marabouts sont sauvages».

Difficile de savoir que tenir la science dans cette affaire, alors que la troupe du théâtre Bromesko – portée par le couple Igor et Lily promus chevalier des arts et des lettres par le ministère de la Culture – est justement reconnue à travers l’Europe pour son spectacle avec ses animaux, et notamment sa volière.

Pour le théâtre, défendu par la municipalité de Paris, « l’animal n’est pas contraint à jouer un rôle, il entre en scène et va naturellement vers ses propriétaires comme il le fait au quotidien. Il monte sur leur dos, s’assoit sur leurs genoux et sort de la scène».

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