Procès du 13-Novembre à Paris : « Le mal n’a pas vaincu » est le chanteur d’Eagles of Death Metal

Le chanteur américain Jesse Hughes, du groupe Eagles of Death Metal (Centre) arrive pour être entendu lors du procès du 13 novembre 2015 au palais de justice historique de Paris le 17 mai 2022. (©AFP/Geoffroy VAN DER HASSELT)

Tu chanteur du groupe américain Les Aigles du Death Metal Jesse Hughes au raconté mardi 17 mai 2022 au procès des attentats du 13 novembrefaites avancer le cour d’assises de Paris, la soirée d’horreur vécue dans la salle du Bataclan attaqué paire de djihadistesdéfini qu’elle avait « change(sa) vie à jamais ».

Le chanteur et le batteur du groupe se sont constitués parties civiles

Rescapés ou proches des victimes du Bataclan (90 morts) s’étaient déplacés de la part de la cour d’assises spéciale de Paris pour comprendre le chanteur californien et l’ex-guitariste du groupe, Eden Galindo, tous deux parties civiles au procès, Qui renaît après une semaine de suspension pour cause de Covid d’un des accusés.

« Les événements qui se sont produits le 13-Novembre ont changé ma vie à jamais », raconté, via un interprète, Jesse Hughes, tout de noir vêtu et portant une cravate rouge.

D’une voix forte et claire, le chanteur a rappelé un commentaire, « au milieu du concert », il a entendu des tirs. « Venant d’une région désertique en Californie, le fils des coups de feu m’est très familier. Je savais ce qui allait arriver, je sentais la mort se rapprocher de moi ».

Un membre du groupe a perdu le vendredi pour l’attention

Sa voix se noué. Le chanteur de 49 ans raconte la panique, la volonté au plus vite la salle de concert avec sa compagnie et le guitariste Eden Galindo.

«Un ange nommé du nom d’Arthur nous a mi dans un taxi et envoyé au commissariat», se souvient-il.

Cet «Arthur» c’est Arthur Dénouveaux, devenu président de l’association La Vie pour Paris qui regroupait les victimes des attentats du 13-Novembre.

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Au commissariat, les deux musiciens découvrent des dizaines de blessés couverts de sang. Ils ont donné aussi le décès d’un de leurs, le Britannique Nick Alexander, qui s’occupait du merchandising du groupe.

« 90 de mes amis ont été tués de manière haineuse devant nous »

Ce soir-là, « 90 de mes amis ont été tués de manière haineuse devant nous », de Jesse Hughes, les mains croustillantes sur le pupitre, regardant droit dans les yeux les membres de la cour.

« Tous ceux qui étaient au concert ce soir-là étaient mes amis ».

Le chanteur raconte a commenté l’hésitation longtemps ensuite à remonter sur scène. “Je ne sais pas si tu as la force de revenir, on dirait que tu penses que tu es comme le fromage qui allait attirer les souris.”

« Après les attentats, je sais que tu as beaucoup de questions, tu es un peu perdu, je pense que tu m’aides à sortir de mes amis, notamment en France pour continuer à aller de l’avant. Cette tragédie a pu être transformée en flambeau de lumière », insiste-t-il.

« On ne peut pas tuer le rock’n’roll »

« Le mal n’a pas vaincu », épaulant le chanteur, qui assure avoir « pardonné » aux « pauvres âmes qui ont commis ces actes ».

« Je prie pour eux et pour leur âme, que la lumière de notre Seigneur jaillisse sur eux », dit-il avant de conclure avec les paroles du chanteur Ozzy Osbourne : « you can’t kill rock’n’roll » (« on ne peut pas tuer le rock’n’roll »).

Avant lui, Eden Galindo, 52 ans, également tout de noir vetu, avait raconté la joie du concert avant l’attaque.

« Nous étions en tournée à Paris, c’était un super concert, tout se passait bien, tout le monde dansait. C’était « un grand spectacle » », se rappelle-t-il.

« Je ne serai plus jamais le même après cette nuit-là ».

Et puis arrivent “le bruit sourd” des balles tirées par des armes automatiques. J’ai pensé à régler un problème de sono avant de voir Jesse Hughes courir vers lui. « Des gens tirent… On a couru… Nous pensions que ça allait s’arrêter, mais ça continuait ».

« Après tout ça, c’était très difficile de faire les choses normalement. Je me sentais comme brisé », dit le guitariste, tête baissée. « Je ne serai plus jamais le même après cette nuit-là ».

Eden Galindo essaie de dire un mot aux familles des victimes. “J’y ai pensé tous les jours et je prie pour eux.”

Le verdict sera rendu le 29 juin

Quittant la salle d’audience, Jesse Hughes prend dans ses bras plusieurs parties civiles. Certains pleurent. Jesse Hughes aussi.

Après eux, une vingtaine de femmes et d’hommes, secourus du Bataclan, ont raconté leur expérience traumatisante et leur souffrance persistante plus six ans après les attentats qui ont causé la mort de 130 personnes à Paris et Saint-Denis.

Les audiences des parties civiles doivent se poursuivre jusqu’à vendredi. Les avocats des parties civiles commenceront leurs plaidoiries lundi. Le verdict tombe le 29 juin.

Source : © 2022AFP

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