SE Mme Ruth TSHOMBE, Ambassadrice RD CONGO, Lionel ZINSOU, Mohamed ZOGHLAMI : les (…)

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par Bruno FANUCCHI pour AfricaPresse.Paris (APP)
@africa_presse

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Cette réalité encore balbutiante mais riche d’un potentiel immense pour le développement du Continent, c’est le constat dressé d’emblée par Fils Excellence Mje Isabel Machik Ruth TSHOMBE, Ambassadeur de la RD Congo en Franceinvité d’honneur à cette conférence phygitale qui a réuni 65 personnes présentes et 350 internautes inscrits directement en ligne.

More, pourrait-on ressentir la prégnance de la culture, et acheter dans sa composante la plus innovante d’aujourd’hui, sans considérer son enracinement dans les profondeurs de sa propre histoire, celle des peuples qui l’ont portée ? L’ambassadrice de la RDC se plaît également à rappeler que ce sont des pays qui ont cinq fois et demi la taille de la France, c’est un continent en soi, que « son peuple – fort bientôt de 100 millions d’âmes – fait sa richesse et sa diversité » et que « sa culture va bien au-delà de la RDC ».

On pense bien évidemment à la rumba congolaise, qui s’exporte juste à Cuba pour se transformer en salsa et acquérir tout récemment ses lettres de noblesse en étant reconnues par l’UNESCO comme patrimoine immatériel de l’Humanité. « On a reconnu l’enfant avant de reconnaître la mère », lâchera avec une pointe d’humour Mje Ruth TSHOMBE.

« Comme le scandale géologique, ce scandale culturel ne profite pas à la RDC », souligne-t-elle, en assurant toutefois à tous que « le géant se réveille » et que son pays se doit donc d’envisager « des partenariats pour faire rayonner cette culture congolaise » sous toutes ses formes. « Chaque année à Kinshasa, souligne-t-elle, un Salon du Livre qui dure une semaine est organisé, et même si le livre reste, il encores un luxe ».

Plus Kinshasa n’est-elle pas « la première capitale francophone au monde », comme le souligne fort à propos Alfred MIGNOT, directeur d’AfricaPresse.paris, initiateur du cycle des Conférences des Ambassadeurs africains de Paris et modérateur du panel.

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De gauche à droite sur la photo, le panneau avant l’arrivée de Lionel ZINSOUancien Premier Ministre du Bénin (photo du haut) : – Mje Valérie KAFondatrice de l’événement culturel afro-parisien Share Africa et de Africa Fashion UP – – Il s’agit de l’Excellence Madame Isabel Machik Ruth TSHOMBE, Ambassadeur de la République Démocratique du Congo.Alfred MIGNOTDiecteur AfricaPresse.Paris, concepteur et organisateur des Conférences des Ambassadeurs Africains de Paris – M. Mohamed ZOGHLAMI, Expert en Industries créatives numériques Afrique, cofondateur Africa in Colors – African creative Summit (Rwanda) / Cofondateur Afric’Up – Startup Africa Summit (Tunisie). – Mje Laëtitia NORMAND, Fondatrice de l’association culturelle Le Rêve Africain et de l’Afro Pépites Show, marché des arts africains en ligne. © Patrick EZO-ANews

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Mohamed Zoghlami : « par le nombre,

la jeunesse africaine se réapproprie son identité »

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« La culture africaine a fait des petits de partout, mais elle ne le sait pas », enchaîner Mohamed ZOGHLAMI, expert international des industries créatives numériques et lui-même cofondateur en Afrique de plusieurs événements emblématiques. Il souligne et se réjouit que « la jeunesse africaine, totalement décomplexée et partiellement connectée au monde, retrouve ainsi son identité ». D’où la nécessité de « Mettre en avant cette industrie digitale, qui a généré plus de 11 % croissant » dans certains pays.

En Tunisie, à la tête d’une école ayant déjà formé plus 15 000 jeunes au codage créatif et seule école reconnue et retenue par le programme Déclic de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie), M. Zoghlami observe que « les jeunes ont puisé dans la culture et les mythes africains ». Et conclu pour s’en féliciter : « A travers le numérique, l’Afrique, la jeunesse africaine se réapproprie son identité ” auto “ elle a besoin de ce nouveau narratif ».

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Lionel Zinsou : « « Le couple tourisme
et industries créatives sont indissociables ».

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Troisième intervenant, Lionel ZINSOU, qui fut Premier ministre du Bénin en 2015 et 2016 et dirige aujourd’hui avec Donald KABERUKA la banque panafricaine d’investissement Southbridgeconfirment également que les industries créatives sont « un gain d’emploi triple » pour donner du contenu au tourisme et qu’un pays devienne ainsi une véritable « destination » touristique. Tant il est vrai que “ Le couple tourisme et industries créatives est indissociable ».

D’ailleurs, a souligné Lionel Zinsou, l’actuel Président Patrice TALON qui « c’est le seul président de la République à voir eu un passé d’hôtelier, déjà été très attentif très tôt, dès le début de son mandat ; Et je lui donne raison ».

L’ancien premier ministre, qui « ne parle pas ici en banque d’affaires », évoquent en revanche la Fondation qu’il a réée à Ouida, chez lui au Bénin, et nommée à sa fille Marie-Cécile. Un exemple qui est vu par les philanthropes honorables et les grandes entreprises caritatives du domaine culturel : « Le fait que l’on ait réussi à faire vivre so much bien que mala pendant 17 ans une Fondation où tout est gratuit, signifie que l’on a trouvé des ressources en nous-mêmes, mais aussi une espèce d’éducation au sponsoring national auprès des particuliers, auprès des entreprises et d’entreprises étrangères installées au Bénin » et l’on trouve de plus en plus de moyens dans le domaine associatif qui est « nécessaire au soutien de ces industries créatives qui sont encore en train de chercher leurs modèles économiques ».

Lionel Zinsou insiste sur la nécessité d’associer les industries créatives au tourisme et au développement de l’artisanat » car cela peut être source d’emplois et de revenus importants, fort utiles à l’économie d’un pays. Le tourisme, qui « représentent rarement plus 7 % du PIB », constitue en effet une manière non négligeable.

C’est en réalité une contribution importante et « l’on s’en aperçoit notamment quand elle s’arrête », remarque-t-il. « On in a fait l’expérience en 2020 ” et “ cella paralyze de nombreuses entreprises, et particulièrement toutes celles liées au tourisme » . Ou l’on sait aujourd’hui que sur les traces de l’Égypte, du Maroc ou de l’Afrique du Sud qui sont « tarifs des pays » dans ce domaine, « beaucoup de pays africains ont maintenant des ambitions de développement du tourisme ».


Parmi les participants, ici dans la salle Tombouctou de La Maison de l’Afrique, sur la reconnaissance des noms personnels de la vie africaine de Paris. © Patrick EZO-ANews

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Tour d’Afrique et Africa Fashion Up
en septembre à Paris

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Fondatrice de l’association culturelle Le Rêve Africain et de l’Afro Pépites Show, Lætitia NORMAND observe d’emblée que « L’Afrique n’est pas la façon dont ils comprennent JT » avec les guerres, les crises, la famine ou les épidémies… Mais, c’est avant tout une extraordinaire richesse humaine et créative qui mérite d’être mise en valeur. »

Passionnée de longue date par ce grand Continent, j’invente en 2009 l’Afro Pépites Show, marché des arts en ligne, qui fetera ses 13 ans, le 1euh juillet prochain… Et en 2020, elle a établi un véritable « tour d’afrique » pour tenter de donner une nouvelle image du Continent. Elle a également créé une nouvelle plateforme pour tous et est partie au départ avec 54 projets artistiques. « Nous sommes des chercheurs de talents sur Internet », s’amuse-t-elle à souligner pour résumer en quelques mots son action tous azimuts.

Dernière à s’exprimer dans ce panneau de haut niveau, la franco-ivoirienne Valérie KA retracer rapidement sa carrière de top-model international ayant défilé pour les plus grands couturiers et stylistes (Yves Saint Laurent, Jean-Paul Gaultier, Lacroix) après avoir commencé dès 16 ans comme mannequin pendant les vacances scolaires à Paris, puis avoir signé son premier sous contrat avec l’agence métropolitaine. « Dans les ateliers de ces grandes marques parisiennes de la Haute couture, il y avait bien souvent des créateurs et des couturiers africains qui travaillaient », se révèle-t-elle – Lire ICI l’interview qu’elle nous a accordée en mai dernier.

« C’est en ayant le privilège deux fois au Forum économique de Davos, que m’est venue l’idée de créer Share Africa. Car ce que j’avais trouvé incroyable à Davos, c’est de pouvoir tous se retrouver dans la même salle et de communiquer ensemble ce que sont nos origines et notre milieu social. C’est ce qui manque à l’Afrique ».

Un événement de premier plan Forum Partager Afrique Il sort également en juillet 2021 en numérique, après un grand défilé de mode et une soirée de gala en septembre avec le prestigieux cadre de l’Hôtel Salomon de Rothschild, qui est l’une des cinq salles où l’on réalise les plus grand défilés de mode à Paris, toujours une capitale mondiale de la mode. « Pour une première, ce fut une réussite, car il y a coupé un vrai engouement pour la mode africaine ».

Forte de ce succès, Valérie Ka prépare pour le moment une deuxième édition en septembre prochain à Paris, l’Africa Fashion Up et avoue – car elle ne manque pas d’ambition – que l’on rêverait de l’organiser un jour au Grand Palais, si elle avait bien sûr plus de moyens et de soutiens des pays africains.

« L’industrie de la mode – il est vrai – n’a pas encore acquis ses lettres de noblesse en Afrique », reconnaît d’ailleurs SE Mje Ruth TSHOMBEen précisant toutefois que « l’on commence à organiser des Fashion Week en RDC ». Et d’inviter les États africains à des Partenariats Public-Privé (PPP) « pour que privés fassent fonctionner ces industries créatives et que la Culture puisse enfin prendre toute sa place » dans le développement du Continent. Avant d’ajouter, en guise de conclusion : « Et que la voix de l’Afrique, cette Afrique que est belle, positive et se intégrée, est devenue audible ! »

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VOIR LE REPLAY DE LA CONFÉRENCE :
https://youtu.be/7zfmjtPZbzg


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