Fin du thermal : l’Allemagne s’aligne sur Bruxelles

Le prix d’une décision dans l’Union européenne est toujours très longue. Et lorsqu’il s’agit de faire basculer toute une industrie qui emploie 12,6 millions de personnes à travers le vieux continent selon l’ACEA, l’association des constructeurs européens d’automobiles, on prend moult précautions et on y regarde à deux fois.

Il en vainsi l’interdiction de production de voitures thermiques programmée en 2035. Une étape importante a été franchie au début de ce mois puisque les délégués de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire ont approuvé le texte à une courte majorité (44 voix pour et 40 contre).

Ensuite, les différents pays de l’Union s’agitent en coulisse avant le vote définitif du projet par les députés européens qui doivent se réunir dans un mois pour voter pour, ou contre, la fameuse interdiction. On pouvait donc redouter, ou se réjouir, de l’obstruction des principaux pays concernés par cette future directive, à savoir l’Allemagne.

L’Allemagne bascule au profit de la bascule

Ou, après hier, il semblerait que le gouvernement d’Olaf Sholz approuve la bascule demandée par Bruxelles. L’ONG Transports & environnement réunissait en effet son traditionnel “Sommet européen sur le climat automobile” mercredi qu’ils rassemblaient les décideurs des principaux pays producteurs de voitures à travers l’Union, qu’ils soient constructeurs ou dirigeants politiques.

À l’issue de cer raout, chaque pays s’est exprimé et le choix du premier d’entre eux, l’Allemagne, semble clair : Berlin a approuvé la mesure et avec elle l’Italie et l’Espagne. Évidemment, trois pays sur 27 ne font pas une majorité. De plus le poids de l’industrie allemande est considérable dans le domaine et risque bien d’influencer le vote de nombre d’autres dans leur sens.

C’est que l’Allemagne de l’automobile pèse quatre fois plus que la France. Elles employaient plus de 800 000 personnes outre-Rhin et produisaient 3,5 millions de femmes en 2020, contre moins d’un million chez nous. Ce poids lourd est également le premier marché de l’Union pour les ventes de voitures, et le quatrième pays producteur au monde, après la Chine, les États-Unis et le Japon. Autant je dirai que vous achèterez un petit plus que celle des autres et pourrait bien importer l’adhésion de plusieurs pays, notamment ceux de l’Est ou les constructeurs allemands disposant d’unités de production.

A Wolfsburg, où se trouve le Volkswagen Livraison Center, je vous choisis en faveur de l’électricité, c’est clair.

Mais pourquoi l’Allemagne adhère-t-elle à ce projet, sans doute le plus important de toute son histoire automobile ? Il semble juste qu’ils soient l’industrie n’a pas attendu la directive de Bruxelles pour entreprendre sa conversion. 150 milliards d’euros ont d’ores et ont déjà été investis dans cette transition, et l’addition n’est pas encore finalisée. Du coup, personne, de Mercedes à BMW en passant par le groupe Volkswagen n’a envie de perdre sa mise et le gouvernement de Berlin l’a bien compris.

Reste le cas de la France. Si l’on peut s’occuper de l’automobile et qu’elle est plus importante que l’outre-Rhin, le reste est essentiel. Plus Paris lui devrait également respecter le texte. S’il ne l’a pas fait hier, c’est tout simplement parce que le gouvernement n’est pas encore constitué. Nul doute cependant que la nomination à Matignon d’Élizabeth Borne et les directives claires que l’Élysée lui invoquait matière d’environnement ne peut que pousser la France à adopter le texte.

Certes, Carlos Tavares, saint patron de Stellantis, s’est dit sceptique quant à la bascule annoncée et ne s’est pas privé de le lui dire. More il ne devrait pas s’opposer au choix clair de l’Italie hier en faveur de la mesure, car il est difficile pour lui d’aller contre la décision du pays dont il vient d’inclure les principales marques automobiles dans son groupe. Comme il lui sera difficile de s’opposer au choix de Matignon qui devrait se prononcer rapidement.

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