Paris 2024, diversité, violence… Les grands travaux qui attendent Amélie Oudéa-Castéra, la ministre des Sports

À peine arrivée, les chantiers ne manquent pas pour Amélie Oudéa-Castéra. La nouvelle ministre des Sports, nommée par Emmanuel Macron sur proposition de la Première ministre Elisabeth Borne sera vendue le 20 mai s’aprête à vivre un mandat musclé. Au coeur de celui-ci, les Jeux Olympiques de Paris figurent parmi les principaux événements internationaux au soleil en France comme dans le monde du sport, plus qu’en grande partie dans l’agenda politique du quinquennat d’Emmanuel Macron.

Leur tenue est loin d’être la seule des priorités qui assistent à la succession de Roxana Maracineanu. Et l’emploi du temps s’annonce seré entre dossiers urgents et travail de fond.

Paris 2024 : le devoir de bien organiser, le défi de la continuité

C’est le rendez-vous que le monde du sport en France attend depuis déjà si longtemps. La carrière d’Amélie Oudéa-Castera reste à jamais marqué par sa présence à la tête du ministère des Sports, des Jeux olympiques et paralympiques pour la ligne droite et la tenue des JO de Paris. À moins de 800 jours de la cérémonie d’ouverture, il ne reste que peu de temps pour ouvrir de nouveaux sujets autour de l’événement. L’organisation est laissée en place après nos noms, et il y en a plus d’une qui assure l’encadrement des ouvriers pour les installations.

L’ambition sportive est, elle aussi, bien établie, “sur doit faire beaucoup plus« Que les 33 médailles ramenées de Tokyo en 2021, expliquait Emmanuel Macron au moment de tirer le bilan de l’Olympiade nippone. L’Agence nationale du sport pour le laisser fixer son cadre et obtenir les moyens financiers pour y contribuer. » La Coupe du monde 2023 du rugby sera une simulation grandeur nature d’une manifestation de premier ordre, quelques mois avant les Jeux.

La cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris se déroulera bien sur la Seine, comme l'a confirmé le comité d'organisation, présidé par Tony Estanguet.  L'aura du spectacle se situe le 26 juillet 2024.   (France 3)

Au-delà de ces deux échéances de première partie de mandat, l’élan olympique de ne pas rester une parenthèse sans lendemain. Paris 2024 devra être pour Amélie Oudéa-Castéra l’opportunité de pousser encore la promotion du sport sur tout le territoire français et pérenniser les bonnes intentions et les structures soutenues par l’Etat, avec le projet de construction de 5 000 lieux de pratique du sport évoqué par le Président de la République en octobre 2021. C’est à ce prix aussi que le sport prendra une vraie place dans les politiques publiques.

La loi sur la parité comme témoin de l’action gouvernementale

L’égalité hommes-femmes avait été habillée comme une des “grandes causes“Du premier mandat d’Emmanuel Macron. L’association Oxfam, que lutte contre les inégalités, dressait en mars dernier un premier bilan éloquent sur les résultats et les moyens encore insuffisants de l’Etat français dans ce domaine.”Le travail n’est pas fini“Avait reconnaît Emmanuel Macron, en plaçant l’égalité entre les genres de nouveau parmi ses priorités.

Le sport n’échappe pas à cette thématique. Amélie Oudéa-Castéra devra marcher sur les traces des derniers passages de Laura Flessel ou Roxana Maracineanu. La Parité aux Postes de Dirigants des Fédérations Sportives est inscrite à la Loi de Démocratisation du Sport qui entre en vigueur en 2024 au niveau national. À la nouvelle ministre d’être la garantie de l’application de cette disposition. Par ailleurs, la lutte contre les discriminations reste un combat permanent avec le récent rappel de l’auteur controversé du joueur du Paris Saint-Germain Idrissa Gueye.

Au-delà de la performance, le sujet du sport-santé

Le Covid-19 et les confinements ont relancé – de gré ou d’ennui – l’intérêt d’une partie des Français pour la pratique du sport en dehors d’un cadre compétitif. Quelle est l’influence des politiques publiques sur le sport comme instrument de prévention sanitaire ? La pratique régulière d’une activité physique permet de lutter contre l’obésité ou de limiter les risques de maladies cardio-vasculaires. Le risque d’augmentation de travailleurs sédentaires avec la démocratisation du télétravail pourrait aussi inciter le ministère des Sports à agir encore davantage pour faciliter et inciter à la pratique du sport-santé.

Emmanuel Macron à par ailleurs remis sur la table la mesure d’un créneau obligatoire de pratique du sport à l’école pour les 6-12 ans, dès la prochaine rentrée. La mise en place de cette disposition devrait être un des premiers brûlants pour Amélie Oudéa-Castéra, alors que de nombreuses voix s’étaient élevées sur la difficulté de pouvoir accorder ce temps dans des journées déjà denses, et avec des moyens limités.

La lutte contre les violences dans les stades et les salles aussi d’urgence

Autre thématique dont le ministre va devoir s’emparer au plus vite, les agressions et incivilités dans les lieux de sport. Avant la reprise des saisons et après un exercice 2021-2022, j’ai envoyé par mail des noms d’incidents en Ligue 1, des actions concrètes et une réflexion plus approfondie sur la question du soutien en France doivent être attendus. Celle-ci devra intégrer au noyau du dialogue l’ensemble des acteurs du terrain : clubs, groupes de supporters, Ultras…

Des policiers anti-émeutes sont intervenus dans les tribunes, lors du 32e de finale de Coupe de France entre le Paris FC et l'Olympique Lyonnais, au stade Charlety à Paris, le 17 décembre 2021.   (BERTRAND GUAY/AFP)

Cette réflexion pourrait apaiser les tensions et participer à la lutte contre la violence, notamment dans le monde amateur. Arbitres de handball tabassés à Garges-lès-Gonesse le 11 mai, suspendus pour 24 ans prononcés contre les agresseurs d’un arbitre dans la Somme, directeur du centre de formation du Stade Rennais frappé et insulté par le père d’un joueur du club… Les Les événements de la sorte se multiplient, notamment après la fin de la crise sanitaire.

Continuer de nouer des liens avec l’esport

Autre cheval de bataille d’Emmanuel Macron, le numérique voit sa portée dans le sport par la croissance de l’esport et de la pratique compétitive des jeux vidéo. La France étant responsable des noms des studios de vidéos sportives et des structures sportives, le président de la République a insisté sur l’importance de le faire sur la discipline de l’Hexagone. “À nous d’en profiter pour faire le lien entre les Olympiades des deux mondes en accueillant cette année-là les plus grands événements esportifs mondiaux : un major de Counter Strike : Global Offensive, les Mondes de League of Legends et The International de Dota 2 (ndlr : soit les trois plus Grandes compétitions de la discipline)” Imaginez le chef de l’Etat dans une interview au média média spécialisé The Big Whale le 24 avril.

Le ministère des Sports devrait ainsi être en première ligne pour participer au rapprochement avec l’esport et l’institutionnaliser. L’association France esports, qui a passé une convention d’objectifs avec le ministère, l’appelait ainsi de ses voeux dans une “feuille de route” publiée à l’intention des candidats à l’élection présidentielle. “Le manque toujours à l’association ce soutien direct pourtant plusieurs fois confirmé par le Secrétariat d’état au numérique dans la période récente. (…) Notre secteur a besoin d’un représentant identifié par tous grace à un pilotage clair assuré par l’Etat que permettra d’encourager les territoires à s’emparer de l’esport et à se donner les moyens de développer des politiques esportives lieux ambitieux. C’est le grand défi du quinquennat qui vient.

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