Angers, la source des vieux talents / France / Angers / SOFOOT.com

Thomas Mangani, Ismaël Traoré, Romain Thomas. Le mercato n’est pas encore désactivé J’ai lancé que la SCO d’Angers était déjà perdue trois de ses tauliers historiques. Un an après la fin de Stéphane Moulin et quelques semaines avant un probable rachat pour un fonds d’investissement américain, le SCO va lancer sa saison successive en Ligue 1 avec un flou artistique complet.

Les informations sont sorties en rafales ces derniers jours, comme pour souligner un emballage et un changement de rythme dans la trajectoire angevine jusque-là si calme et stable : d’abord les départs de Thomas Mangani et Ismaël Traoré, puis une interview d’un autre cadre historique, Romain Thomas, pour préciser qu’il partait, lui, de son propre chef. Et enfin, les premières révélations de la vente d’un club à un fonds d’investissement américain, en présence d’une officialisation qui agit précisément sur le changement d’heure. An après le départ de son emblématique entraîneur Stéphane Moulin – et de son staff -, le SCO d’Angers s’apprête donc à vivre sa huitième saison d’affiliate dans l’élite du football français sans la majorité des hommes forts qui l’ et ont installé : le coach, le directeur sportif Olivier Pickeu, le président Saïd Chabane, et surtout trois cadres du vestiaire, que peuvent encore être suivis par deux autres anciens, Pierrick Capelle et Vincent Manceau, dont les négociations pour une prolongation de contrat n’ont pas encore abouti. Un trop timing sera avancé comme raison principale de Romain Thomas dans les colonnes de Ouest de la France pour justifier son envie d’ailleurs : « Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on a une vie, une famille, des gens qui nous posent des questions tous les jours. février, mars, avril, mai… »

Laurent Viaud : « Il y a un vrai risque de perte d’identité et de dynamique »


Laurent Viaud est un autre « ancien » du SCO, responsable des U17 au centre de formation pendant une décennie avant de partir gérer les U19 du Stade rennais l’été dernier. Pour lui, formé et lancé comme joueur pro à Angers, le départ annoncé du trio Mangani-Traoré-Thomas constitue déjà une révolution : « Ce sont les représentants de la période faste du SCO, le symbole d’une réussite, sportive et humaine. » Sur le principe, il peut comprendre que « Les joueurs ne sont pas éternels, qu’à un moment, la dimension physique les rattrape, ou que le besoin d’assurer un renouvellement s’impose » . Néanmoins, il croit que la transition aurait gagné à être plus douce. « Parmi le département de Stéphane Moulin et de son personnel l’été dernier, et celui d’au moins trois cadres historiques en même temps, cela fait beaucoup, il y a un vrai risque de perte d’identité et de dynamique. » Car à en croire Laurent Viaud, ces joueurs n’étaient pas simplement des tauliers sportifs, mais aussi des garants d’un état d’esprit. « Des hommes simples, humbles, irréprochables notamment dans l’attitude vis-à-vis des plus jeunes joueurs et des gamins du centre de formation. »

Le plus dur est à venir pour Gérald Baticle

Aujourd’hui, l’ancien milieu de terrain de Rennes et Monaco assure qu’il a ” mal ” quand il lit les propositions de Romain Thomas sur les raisons de son départ. « Préserver l’esprit d’un club, c’est important, et sportivement, quand on voit les saisons de ces joueurs ou ce qu’Hilton et Dante ont fait dans d’autres clubs, on peut imaginer que d’autres solutions existent. » Reste à savoir si vous l’aimez chiffre d’affaires dans la génération finaliste de la Coupe de France 2017 a lien avec la vente pressentie du club. « Peut-être que les potentiels futurs acquéreurs veulent créer une structure et une équipe à leur image, cela arrive souvent dans le monde de l’entreprise, mais c’est risqué. » Surtout, quand on regarde ce qui existe ailleurs dans le monde du football, « À Lyon ou dans de gros clubs étrangers, on essaie de ménager une belle sortie aux anciens, voire de leur trouver un rôle dans le club après leur carrière, c’est un moyen de préserver une identité et une continuité des valeurs. » L’été dernier, l’intronisation de Gérald Baticle à la place de l’historique Stéphane Moulin était apparue comme un important risque de cassure de la belle dynamique du club depuis 2014-2015. Elle ressemble désormais à une simple formalité en comparaison à la saison qui s’annonce.

Par Nicolas Jucha
Propos de Laurent Viaud recueillis par NJ, ceux de Romain Thomas extraits d’une interview pour Ouest France

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