critique d’un retour en force sur Netflix

Une anthologie d’anthologie

Au programme de cette troisième session, une satire lourde de plus, qui se concluait en premier lieu par une référence à Elon Musk, un voyage lunaire psychotrope, une invasion de zombies express, un enième face à face entre une poignée de barbouzes et un animal Terminator, l’exploration flippante d’une colonie alien, une guerre de rongeurs, et non pas un, mais deux contes lovecraftiens. Un catalogue de science-fiction franchement généreuxqu’on désespère de revoir dans Amour, mort et robots.

Car quand bien même, malgré ses défauts, la saison 1 était assez ambitieuse et spectaculaire pour emporter l’adhésion, Les limites de la série sont trois vite apparues. Sur le plan narratif, beaucoup de segments, véritables démonstrations visuelles, manquent cruellement de substance, quand ils ne recyclent pas toujours la même recette, à base de militaires sous amphet’ et créatures en manque de chaise fraîche. La faute aux délais accordés par le N rouge et à la complexité technique de l’ensemble.

Une machine de guerre

Un fait incontournable passé la saison 2, qui enchaînait le sens et des sketchs globalement oubliables. Le format doit au nom des épisodes et à la qualité, car c’est la force et la faiblesse lorsque le rythme de production imposé par Netflix interdit de répliquer la taille de la saison 1. Heureusement, pourtant longue d’à peigner un épisode de plus que la saison précédente, la troisième fournée retrouve presque l’ambition des grandes heures de la série. Il ne semble pas que les chapitres soient généralement de la meilleure qualité, mais il semble également qu’ils soient bien plus hétérogènes.

Bien sûr, de nouvelles bastons de marines sont au rendez-vous – à ce stade, c’est presque une marque de fabrique -, dans les épisodes 5 et 8. De plus les artistes aux commandes s’exercent autant à l’horreur pure qu’à l’action débridée, à l’humour conceptuel qu’à la cool contemplative, voire métaphysique. mieux encore, Ils sont glissés dans la sélection un ou deux OVNIS, tel le dernier épisode, à la direction artistique pertinente soit du génie, soit du mauvais goût le plus flagrant, au choix. Qu’on adhère ou pas à la chose, difficile de lui retirer son originalité.

Amour, Mort & Robots : photoUne sirène pour le moins expressif

Esthétiquement, les CGI sont quasi systématiquement à l’honneur. Cependant, ils lorgnent peu sur l’hyperréalisme démonstratif pour mieux épouser les univers esthétiques développés, en témoigne le character design atypique des segments Voyage Mauvais et Les rats de Mason. Sans surprise, c’est une fois de plus époustouflant sur le seul plan technologique, quand bien même certains choix artistiques gâchent un peu la fête, quitte par exemple à réduire considérablement l’intérêt du pourtant très intéressant L’essaim. Toujours très spectaculaire, Amour, mort et robots rester inégalet tant mieux.

Amour, Mort & Robots : photoQuelques pures visions de science-fiction

david et les goliaths

Cette nouvelle saison risque néanmoins d’attirer dans ses fichiers un bien public plus large qu’à l’accoutumée. Et pour cause, elle includ un épisode signé par le cinéaste adulé David Fincher, intitulé mauvais voyage. Pour son retour derrière la caméra (virtuelle), le réalisateur de homme s’essaie à l’animation pour la première fois de sa carrière, ce qui n’a pas manqué d’attiser la curiosité des cinéphiles. Certains à la rédaction, pas spécialement adeptes du médium, se sont d’ailleurs rués sur ce galop d’essai dès sa mise en ligne, et ils n’ont pas été déçus.

En fait, il est logique que Fincher soit associé à Blur Studios, cofinancé par le créateur de la série Tim Miller. Spécialisé dans l’imagerie numérique ultra-précise, cellui-ci avait toutes les clés en main pour ser le perfectionnisme maladif du réalisateur. Couplée à une direction artistique délicieusement macabre, la méticulosité de cette association accouche de l’un des plus beaux monstres vus sur un écran Après quelques années, gigantesque crustacé démoniaque qui ne l’ombre plane sur le pauvre équipage d’un navire.

Amour, Mort & Robots : photoAvec en plus une séquence d’action très intéressante

absolument terrifiant, le segment a rappelé avec force les projets avortés les plus appétissants du grand David même si les fables désespérées de Lovecraft. Comme chez le célèbre auteur, une monstruosité quasi divine pousse les héros aux frontières de leur humanité et abîme la santé mentale du spectateur au passage. Voilà qui donne envie de voir le bonhomme s’attaquer une bonne fois pour toutes au cinéma d’horreur.

Mais ce n’est pas la seule bonne surprise de la saison. Passons sur le nouveau volet des aventures du trio enfonceur de portes ouvertes ou sur le dernier épisode, (trop) longue expérimentation sensorielle dont chacun jugera la valeur. Certains sketches ne sont pas avares en action (Allez, waouh !avec comme la lune, plus divertissant) ou en gore (Dans l’obscurité des profondeurspas très original, mais rempli à ras bord de tripaille). Le plus drôle d’entre eux restant probablement Les rats de Masonhumble farce exacerbant jusqu’à l’hyperbole l’absurdité de l’escalade guerrière.

Amour, Mort & Robots : photoIl faut sauver le soldat rat Yann

Au rayon comédies, impossible de pas citer La nuit des petits morts-vivantsdoublement pénalisé : je me suis placé juste après le segment de Fincher, c’est coécrit par Jeff « coupable de Sonique “Chasseur. Contre toute attente, cette petite pastille est une brillante parodie zombiesquequi a profité de l’expertise de Blur et Buck pour retracer une invasion de morts-vivants dans son intégralité, non sans pasticher les codes du genre.

L’idée amuse, les petites vannes diffusées ci et là assurent la cadence. On prie pour que la série continue à nous proposer ce genre de trouvailles, ou même pour qu’elle persiste à embaucher de grands auteurs, qu’ils soient producteurs ou pas, histoire d’insuffler un peu de folie dans ces tours de force techniques .

Love, Death & Robots est disponible en streaming sur Netflix après le 20 mai 2022.

Amour, Mort & Robots : Affiche

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