Jesse Eisenberg, la cachette de Woody Allen

« Non, non, ce n’est pas mon histoire, c’est de la pure fiction… »assure l’acteur Jesse Eisenberg en tentant d’expliquer pourquoi l’amené à écrire son premier film, Lorsque vous avez fini de sauver le monde. Le titre même (“quand vos auras finissent de sauver le monde”) est comme la critique sarcastique d’une intelligentsia militante, la gauche américaine dont il fait partie, en proie au doute. « C’est tout simplement l’histoire d’une qui a été absorbée par la direction d’un foyer pour femmes battues et adolescentes de surtout inquiète du nombre de followers écoutant ses chansons sur Internet. Deux personnes qui cherchent à voir un impact sur la marche du monde. Mais qui le fait au détriment de leurs relations personnelles. »

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On retrouve l’acteur maladroitement attablé à la table d’une paillote sur la plage de Cannes. Pourquoi a immédiatement pensé à Woody Allen en ce qui concerne le visage de Noah Baumbach, Joachim Trier, Wes Craven, Kelly Reichardt ou Mark Zuckerberg dans Le réseau socialpar David Fincher ? Est-ce sa façon rapide et hésitante de parler ? Sont-ils des juifs new-yorkais qui jettent sur toute chose un éclairage à la fois lucide et ironique – faisant de cet héritage culturel un handicap et une force ? Ou cette façon singulière de poser un regard contempteur sur ce monde narcissique dont il se sait partie prenante.

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« Tu me tenais taraudaitpoursuit-il. Pourquoi un artiste comme moi at-il ce besoin – que je trouve assez moche – d’attirer sur lui l’attention du monde ? Et pourquoi ma femme, professeure, militante – une de ces personnes suffisamment modestes pour aller au travail chaque jour sans se lamenter – semble-t-elle avoir par moments plus de sympathie pour ses elèves, ou pour les gens dont elle s’occupe, quoi pour moi? Quand je réfléchis aux deux manières différentes d’aller chercher à l’extérieur une approbation de ce que nous sommes, je me poursuis si tout cela n’est pas en train d’abîmer notre relation… » Si le film n’est pas son histoire, il n’en est pas loin.

Démolitions incontrôlées

Jesse Eisenberg est dans les trente-huit ans dans les quartiers populaires du Queens, à New York. Jeune, sa était mère dans un groupe socialiste sioniste. Professeurs, de gauche, mais pas militants. Il sort de l’adolescence lorsqu’il rencontre sa compagnie actuelle, Anna Strout. C’est elle qui va le conscientiser. « J’ai commencé à aller aux manifestations, à participer aux rassemblements politiques. Nos premières vacances ensemble, j’avais 18 ans, succédé d’aller au Venezuela, il semble qu’elle ait voulu voir ce qu’il se passait dans ce pays. Hugo Chavez venait d’être réélu, elle était curieuse de la situation politique, c’était la première fois que je voyageais à l’étranger »raconte-t-il, ravi et amoureux. « Anna est plus intelligente et plus engagée que moi. Et elle descend d’une lignée de grands intellectuels juifs. » La mère d’Anna, Toby Susan Strout, est une militante féministe qui, à Bloomington, une petite ville universitaire de l’Indiana, dirige un centre de protection pour femmes battues pendant que son père, Robert Arnove, et enseigne les sciences de l’ ‘éducation.

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