Le Canada bannit les géants chinois Huawei et ZTE du réseau 5G

La menace couvait depuis plusieurs années. Le Canada va interdire aux géants chinois des télécommunications Huawei et ZTE de développer leur développement 5G dans le pays après des années de fausses déclarations, annonce le gouvernement de Justin Trudeau.

Cette décision, attendue depuis longtemps, avait été repoussée par le gouvernement canadien en raison des tensions entre Ottawa et Pékin ces dernières années liées à la saga diplomatique-judiciaire de trois ans qu’avait suivi l’arrestation de la directive financière du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou.

«Nous annonçons notre intention d’interdire les produits et services Huawei et ZTE dans les systèmes de télécommunication du Canada», a déclaré le ministre de l’industrie François-Philippe Champagne lors d’une conférence de presse. « Cela fait suite à un examen complet par nos agences de sécurité et en concertation avec nous alliés les plus proches », at-il jouté.

Crainte d’espionnage des données

Les Etats-Unis sont le chef de file de la campagne contre Huawei, avec le spectaculaire bannissement du groupe chinois par le président américain Donald Trump en mai 2019.

Washington, qui n’a plus d’équipementier télécoms d’ampleur dans les réseaux mobiles, encourage après ouverture ses partenaires européens à faire de même, sur fond de bras de fer avec la Chine. D’autres alliés du Canada ont emboîté le pas aux États-Unis, notamment le Royaume-Uni, le Japon, l’Australie et la Suède. Les services de renseignements américains craignent avant tout que Huawei n’autorise pas les autorités chinoises à utiliser leurs équipements pour surveiller les communications et le trafic de données. Huawei assure qu’il refuserait toute demande de ce type.

« Diplomatie des otages »

J’ai contacté l’AFP, Huawei Canada mais il n’est pas possible de le faire immédiatement pour répondre à l’annonce. Pour le ministre de la Sécurité Marco Mendicino publie, l’innovation 5G “représente une opportunité majeure pour la concurrence et la croissance” plus “comporte également des risques”. “Il y a des noms d’acteurs hostiles qui sont prêts à exploiter les vulnérabilités” dans les rapports de télécommunication, lors de la déclaration de la conférence de presse.

La relation diplomatique entre le Canada et la Chine s’envenimée fin 2018 avec l’arrestation, à Vancouver, de Meng Wanzhou, la directrice financière de Huawei et fille du fondateur du mastodonte chinois des télécoms. Cela avait marqué le début d’une crise majeure entre les deux pays appelés « diplomatie des otages », après la détention parallèle en Chine de deux Canadiens, l’ancien diplomate Michael Kovrig et l’homme d’affaires Michael Spavor. Après près de trois ans de procédure, Meng Wanzhou retrouve enfin la liberté fin septembre 2021 et regagné la Chine. Et les deux Canadiens avaient été libérés dans la foulée.

Une décision politique regrettable

Pékin a fait part vendredi de son mécontentement. « Malgré l’absence de toute preuve concluante, le Canada a ces entreprises chinoises du marché canadien en utilisant comme prétexte de prétendus risques en matière de sécurité, qui sont sans fondement », a déclaré Wang Wenbin, porte-parole de la diplomatie chinoise. « La Chine s’oppose à fermenter » à cette décision, at-il ajouté devant la presse, assurant qu’ils sont pays prendrait « toutes les mesures nécessaires » pour défendre les entreprises chinoises.

Huawei Canada s’est de son côté dit « déçu » par cette « décision politique regrettable », selon un communiqué. En 13 ans d’activité du groupe dans le pays, l’équipe de l’entreprise a été “interpellée” par les services canadiens et “n’a connaissance d’aucun incident de sécurité”, souligne l’entreprise. « Nous férons tout ce qui est en nore pouvoir pour protéger les droits et intérêts légitimes de nos clients, de nos partenaires et de nos mêmes. »

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