Roberto Alagna : « Al Capone est un fan d’opéra ! »

Des (faux) dollars tombent à foison du plafond au liseré rouge. C’est le petit cadeau clin d’œil offert aux spectateurs venus assister récemment au show case d’Al Capone, au Théâtre libre, à Paris. Trente minutes pour donner une idée de ce spectacle très swing qui, sur un livret de Jean-Félix Lalanne, sert sur un plateau en ou un cocktail explosif de prohibition, de violence, de charme et de jazz version années folles. Et surtout des voix puissantes avec en tête Roberto Alagna, qu’endosse le rôle-titre avec force et émotion.

Endosser le rôle d’un assassin comme Al Capone, c’est assez audacieux, voire culotté ?
Savez-vous qu’Al Capone avait la passion de l’opéra ? Il allait souvent en écoutant dans les plus Grandes salles. Ils sont lien entre lui et moi, c’est d’abord l’Italie. On dit Al Capone et Al… lagna ! (Il rigole).

Al Capone ne se moque jamais des héros d’œuvres lyriques que sont Othello, Don Giovanni ou Faust ?
C’est un personnage controversé que, malgré tout, un côté lyrique. Cette comédie musicale est d’abord une fiction s’appuyant sur des personnages et des faits réels, déployée dans les années folles. L’auteur, Jean-Félix Lalanne, a créé des personnages dont la sœur d’Al Capone. On découvre sont côté intimiste, sa souffrance, et celles des autres. Il retrauve embarqué dans une destinée qu’il n’avait, peut-être pas, choisi au départ. Tout est parti d’un coup donné à un de ses professeurs. Cela revient à créer un gang avec des crève-la-faim, livrés à eux-mêmes.

Bruno Pelletier (l’inspecteur Eliot Ness et Al Capone) et Roberto Alagna : duel au sommet entre deux voix.

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C’est l’histoire d’un immigré italien parti conquérir l’Amérique. Comme ta famille ?
On découvre un Al Capone qui a la nostalgie du passé, triste parfois. Dans des moments intimes, il met à rechanter en italien. Il ya en lui deux personnages : Alfonso et Al Capone. Manger à côté Docteur Jekyll et Mister Hyde. C’est un personnage qui est parti de rien, fils d’un barbier napolitain, ayant plusieurs frères et sœurs. Ma famille est aussi importante. Mon grand-père, ténor, est parti à New-York. Je ne suis pas pour autant un mafieux !

Jouer un assassin, c’est aussi un pari osé, une première pour vous.
C’est ça le théâtre : savoir entrer dans un personnage si éloigné de vous. J’essaye toujours d’y mettre quelque chose de romantique. Je ne juge pas mes personnages, mon approche est différente. Pour moi, Al Capone était quelqu’un de très malin et de très intelligent. Il savait passer entre les gouttes. On n’a jamais pu prouver ses assassinats et il est tombé pour des fraudes fiscales.

Ce parrain reste une figure populaire. Ça vous inspire-t-il ?
En revanche, un peu fasciné par les gangsters À un moment, le duel de l’inspecteur Eliott Ness, Al Capone lui a dit : « Moi, je fais ce que je veux ! « Qui peut se targuer d’une telle affirmation à notre époque ?

Al Capone version 2023, ce sont d’abord des voix. La vôtre bien sûr, mais aussi celles de Bruno Pelletier, Anggun…
J’ai tenu à Bruno Pelletier, que l’on a découvert dans Notre-Dame de Paris. Anggun, qui joue la maîtresse de Capone, dégage une forte sensualité. Elle dit malgré tout : “Tous les hommes sont à mes pieds, sauf celui que j’aime…” Il y a aussi Kaina Blada, qui joue Rita, la sœur d’Al Capone, avec une belle douceur dans la voix.

Al Capone est une illustration de la qualité « made in France » des comédies musicales.
C’est formidable de produire un projet aussi beau que ceux de Broadway. Jean-Félix et mon tout son cœur, tout son talent. Al Capone, avec déjà ses 80 dates de représentations, s’envolera, peut-être, à l’étranger. Je n’abandonne pas l’opéra pour autant. Al Capone est un saut périlleux.

Al Capone est une nouvelle illustration de votre appétit artistique.
Je suis un vrai mélomane. Pour moi, il n’y a pas de barrières entre les musiques. J’ai reçu un don avec cette voix qui est mon instrument. Avec lui, je sers toutes les œuvres, toutes les musiques, tous les genres. Ma mission, ce n’est pas de chanter pour l’élite, une communauté. Comme si j’avais un beau violon, un Stradivarius. Pas question de ne jouer que du Mozart. On peut faire de la bossa nova, de la variété… L’opéra, c’est populaire. C’était le cas dans les années 20.

Al-Capone. Avec Roberto Alagan, Anggun, Bruno Pelletier… Spectacle musical de Jean-Félix Lalanne. Dès janvier 2023 aux Folies Bergère, du 28 janvier au 12 mai. Réservations sur toutes les plaques de réservation.

Olivier Bohin

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