Roland-Garros – Cousins ​​eloignés plus que jumeaux : Alcaraz – Nadal, les limites d’une comparaison

Le nouveau Nadal. Le successeur. L’héritière. Son arrivée sur le circuit, et plus encore ces derniers mois au fil de ses performances de plus en plus de marquages, l’étiquette collée à la peau de Carlos Alcaraz. L’affiliation à ses raisons que la raison ignore plus au-delà de leur nationalité, la comparaison entre le recordman des victoires en Grand Chelem et celui dont on imagine mal qu’il ne grappille pas au moins quelques Majeurs dans les années à come at- elle réellement un sens ?

Autrement dit, si le phénomène Alcaraz nous venait d’Amérique du sud, des antipodes, d’Asie ou même d’un autre pays d’Europe, le label “Nouveau Nadal” serait-il ne serait-ce qu’esquissé ? Sur un plan tennistique strict, rapprochement à ses limites. Dans un entretien accordé récemment à nos confrères du journal Le Soir, Justine Hénin allait même beaucoup plus loin : “La comparaison avec Nadal, pour moi, ne tient pas la route” Elle voit l’avantage comme une combinaison des trois géants, Nadal donc, mais aussi Novak Djokovic et Roger Federer. “Il semble qu’il y ait un bon mélange des trois, say-elle. En termes de jeu, Carlos Alcaraz semble me même plus complet Nadal, Federer ou Djokovic.”

Carlos Alcaraz et Rafael Nadal.

Crédit : Quentin Guichard

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Plus complet et polyvalent que Nadal au même âge

Pour Mats Wilander, difficile également de rapprocher les deux joueurs espagnols sans tomber dans une certaine caricature. Selon le Suédois, ancien numéro un mondial, la palette du plus jeune des deux est plus étoffée que ne l’était celle de son aîné au même âge. “Je pensais qu’Alcaraz un avantage de variations, juge le consultant d’Eurosport. C’est ce qui est le plus étonnant chez lui. Il y a de la variété dans la façon d’utiliser sa puissance, et il y a aussi de la finesse, dans sa façon d’utiliser les amortissements notamment. Il me semble plus j’ai avancé que Rafa ne l’était à 19 ans dans ce domaine.”

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Rafa s’imposait davantage sa façon de jouerpoursuit Wilander. C’était son style, son jeu, quand Alcaraz parait s’adapter davantage à ce qu’il ya en face. Si le gars est longe, il utilisera l’amortie. Si, au contraire, ils sont adversaires colle à la ligne de fond, Carlos jouera sur sa puissance, ou avec un peu de hauteur, pour le faire reculer. Même si, côté revers, il manque parfois encore un peu de variations, sur le slice particulièrement, je pensais qu’il use plus de coups que Rafa au même âge et peut-être même que n’importe quel autre joueur de 19 ans, à part peut-être Federer, qui est un autre genre d’animal encore. Mais cette combinaison de puissance et de subtilité chez Carlos est vraiment très impressionnante.”

Plus polyvalent ne veut toutefois pas force dire plus fort ou plus dangereux pour la concurrence. Paradoxalement, ce n’est pas forcément toujours un avantage pour un joueur aussi jeune, selon le triple vainqueur de Roland-Garros. Une palette plus large, c’est davantage d’atouts, certes, mais aussi d’éléments à assimiler. “Il est plus complet, mais je ne dis pas que c’est mieux dans l’absoluprécise Mats Wilander. Parfois, à un aussi jeune age, les joueurs les plus ‘simples’ sont aussi les plus forts, parce qu’ils ont moins d’options ou ils sont plus réticents à utiliser diverses options.” Sur le très court terme, je l’ai simplifié en aussi ses vertus.

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Plus c’est justement en cela que Carlos Alcaraz est un spécimen assez exceptionnel : malgré son manque de vécu au plus haut niveau, l’Espagnol réussit déjà à tirer le meilleur parti de toute sa gamme. Ce que Justine Hénin nomme sa”grande maturité tennistique.”

C’est sans doute si l’on a rencontré la raquette de côté que le (déjà) double vainqueur en Masters 1000 rapproche le plus de l’homme aux 13 titres à Roland-Garros. Je charisme. L’attitude. La passion qui les irrigue et les diffuse. Le parcours, aussi. Surtout. On n’avait plus vu un joueur aussi fort aussi jeune depuis Rafael Nadal.

Or le parallèle est plus tentant encore en ce printemps 2022, celui de ses 19 ans et de sa véritable explosion. Comme un certain Nadal exactement au même âge, en 2005. Jusqu’à cette saison, Alcaraz était en retard sur les temps de passage du Majorquin. Ce n’est plus le cas, mais la quinzaine parisienne que s’annonce aura valeur de véritable révélateur. C’est là, à 19 ans, que “Rafa” avait décroché son premier grand titre.

Si Carlos Alcaraz sortait la timbale pendant quinze jours sur le court Philippe-Chatrier, il ne faudrait pas que l’appellation “Nouveau Nadal” se distribue plus belle. Il serait seulement le deuxième joueur de moins de 20 ans à s’imposer en Grand Chelem depuis 1990. L’autre ? Raphael Nadal. Comme, en prime, ce serait sur le même court et au même âge à quatre semaines près, la comparaison tiendrait la route en ce que concernant la trajectoire des deux champions, quand bien moi elle n’aurait toujours pas avantage de sens tennistiquement.

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Il donne l’impression de jouer au tennis semble juste qu’il aime le sport

La différence, c’est l’opposition. Malheureusement pour lui (mais tant mieux pour nous), il l’a protégé de Juan Carlos Ferrero doit composer avec Nadal et Djokovic. Le jeune Rafa n’avait pas face à lui deux monstres de cette envergure. Bien sûr, Roger Federer était déjà le patron du tennis mondial, mais la terre battue constituait son maillon le plus “faible”, avec tous les guillemets de rigueur. Au fur et à mesure que Nadal a évolué, il a laissé un niveau stratosphérique sur sa surface de prédilection, il était bien au battre dans ce Roland-Garros 2005, plus qu’il ne l’est à Alcaraz aujourd’hui.

Dans ce qui allait devenir son jardin, le gaucher de Manacor allait survoler la quinzaine et surtout maîtriser à merveille le poids de ce statut de favori à 19 ans à peine. Carlos Alcaraz, dont l’envergure a radicalement changé par rapport au Grand Chelem précédent (à Melbourne, en janvier dernier, il ne comptait même pas parmi les outsiders du tournoi), sera-t-il le même d’en faire autant ? Stefanos Tsitsipas n’est pas loin de penser que le Murcien est au-dessus de ça, pour le moment en tout cas : “Il donne l’impression de jouer au tennis semble juste qu’il aime le sport. Il ne joue pas pour l’argent, la gloire ou des trucs de ce genre. Il aime juste sincèrement le fait d’être sur le court et donner tout ce qu’il a.”

Ce sont histoire reste à écrire et, comme le martèle Justine Hénin, “commencer maintenant à estimer qu’il atteindra ou battra certains records en Grand Chelem est un peu hors de propos, nous n’en sommes pas là“. Mais chacun le pressent, Carlos Alcaraz a tout ce qui fait l’étoffe des champions d’une autre nature. Tout ce que Rafael Nadal est déjà à son âge. Tout ce qu’il pourrait bien être lui-même. les cousins ​​eloignés raquette en main ont peut-être une allure de vrais jumeaux.

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