Face à une candidate homonyme, Sandrine Rousseau dénonce une “technique fascisante”

Dans la 9e circonscription parisienne, deux Sandrine Rousseau sont candidates aux législatives. L’une, bien connue en politique, est écologiste et féministe. L’autre vit en Normandie, et représente le Mouvement de la ruralité : un parti pro-chasse.

Sandrine Rousseau contre Sandrine Rousseau. Les 12 et 19 juin prochains, finaliste de l’EELV primaire en contrepartie de la récente élection présidentielle pour obtenir un siège à l’Assemblée nationale pour la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes). Mais dans sa circonscription, l’élue de gauche devra aussi faire face à une adversaire portant exactement le même nom : Sandrine Rousseau, du Mouvement de la ruralité (LMR).

Gazouillement du Sudcette dernière dit”conserver une très bonne campagne électorale“à son homonyme écolo.”Avec Le Mouvement de la Ruralité nous ne cherchons pas à nous opposer. Au contraire, nous privilégions le vivre ensemble, la transmission et le respect de tous. Il est temps de retrouver, ensemble, le chemin du bon sens !“, affirment également le candidat MLR.

Avec cette stratégie de communication, il y a plusieurs messagesexplique Yannick Villardier, le responsable LMR en Île-de-France. L’idée est de présenter un enjeu de candidature de la ruralité face à celui de la ville avec des positions totalement opposées à notre valeur. Sandrine Rousseau d’EELV est antispéciste et anti-chasse. Elle a milité contre la pêche et contre l’agriculture, avec des positionnements qui n’avaient parfois aucun sens.

Unique candidate parisienne du mouvement, Sandrine Rousseau pro-chasse est auxiliaire de puériculture qui vit en Normandie. “Autorités législatives autorisant les candidats provenant d’autres régionssouligne Yannick Villarlier. On assume complètement ce parachutage. Tout le monde pratique ça depuis longtemps et, globalement, sur un très peu de candidats parachutés sur la France. Là, c’est un secteur clairement identifié à Paris : l’objectif est d’amener la ruralité en ville à travers cette candidature.”

J’ai lancé en 2019, le Mouvement de la ruralité est le nouveau nom de Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT), un parti ruraliste historiquement proche de la droite. Sur son site, le mouvement dit entre autres défendre”une économie délocalisée“, unit l’Europe”des États-nations“et une écologie”non punitif“qui”s’appuie sur le bon sens“. Sur sa boutique en ligne, on trouve des T-shirts accélérés des slogans comme “non végétalien“et”Non au loup“.

Yannick Villardier affirme toutefois qu’il est parti, dont il souligne l’indépendance, “ne resendique pas d’idées conservatrices“. Parmi les thématiques défendues par le mouvement, le responsable MRL en Île-de-France cite notamment”la défense de tous les agriculteurs“, “services de proximité“, “les moyens donnés à la petite enfance, à l’éducation et aux aînés“, “la réimplantation d’entreprises rurales“, ou encore”la lutte contre l’implantation des industries éoliennes“.

Du côté de la Nupes, Sandrine Rousseau a réagi sur Twitter en supportant sa lassitude, avec un message lapidaire : “fatigue“. Contact, l’écologiste dénonce”ce trolling de la démocratie par les chasseurs” : “C’est vraiment prendre les électeurs et les électrices pour des imbéciles. Je n’entre pas dans ce jeu-là. Ce n’est pas ma manière de faire fonctionner la démocratie. C’est une technique fascinante, utilisée par Poutine.

Sandrine Rousseau fait ainsi référence aux stratagèmes utilisés par le pouvoir russe pour déboussoler les électeurs et disperser les voix destinées aux opposants, en présentant notamment des candidats homonymes de manière massive. Franceinfo Citons par exemple la présentation de “messieurs» à Saint-Pétersbourg en septembre 2021, lors des dernières élections législatives. En Russie, le phénomène concernait 10 % des circonscriptions.

Outre la procédure utilisée par le Mouvement de la ruralité, l’écologiste explique qu’il compte mener sa campagne sur des “thèmes de terrains” : “La santé par exemple, c’est très important dans le XIIIe arrondissement. A la Salpêtrière, on ne se rend pas compte de la situation, c’est une bombe à retardement. Il faut soutenir l’hôpital public et rompre avec la politique libérale. Il y a aussi la santé environnementale, avec des niveaux de pollution importants, mais également la question du logement, et fin celle de l’éducation : depuis la crèche jusqu’à l’université, on est aujourd’hui dans une politique d’économie et de mise en concurrence des parcours.

De son côté, Yannick Villardier, le responsable LMR en Île-de-France, admet l’existence d'”un risque de confusion“aux urnes, mais le relativise :”Le risque est très faible. Les bulletins sont différents et identifiables, avec notre propre logo“. Dans les bureaux de vote, les bulletins qui seront proposés aux électeurs avant de se adresse vers l’isoloir devront en effet afficher à la fois le nom des candidats et celui de leur mouvement.

Dans la 9e circonscription de Paris, il est présenté :

  • LUTTE OUVRIÈRE : Florence Bedage
  • NUPES : Sandrine Rousseau
  • PARTY PIRATE : Pierre Beyssac
  • ENSEMBLE : Buon Tan
  • LES RÉPUBLICAINS : Jean-Baptiste Olivier
  • RASSEMBLEMENT NATIONAL : Carole Roussel
  • REVENIR :David Mayer
  • MOUVEMENT DU RURALET : Sandrine Rousseau

Leave a Comment