Au pied de Notre-Dame, Mgr Laurent Ulrich installé archevêque de Paris

C’est en plein air, au pied de la reproduction de la Vierge du pilier de Notre-Dame, que Mgr Laurent Ulrich a reçu à la crosse épiscopale des mains de Mgr Georges Pontier, le lundi 23 mai. Ce dernier était l’administrateur apostolique du diocèse de Paris après la démission, en décembre, de l’ancien archevêque Mgr Michel Aupetit, sur fond de rumeurs sur sa vie privée et de gouvernance contestée. Quant au nouvel archevêque, âgé de 70 ans, ce pendentif avait quatorze ans au diocèse de Lille.

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Il était un peu plus de 16 heures quand, sur le parvis de Notre-Dame, la crosse est passée d’une main à l’autre. Un geste solennel, devant plusieurs dizaines de prêtres (chanoines, consulteurs, clergé de la cathédrale…) aussi des fidèles et touristes de passage, reconnaissables à leurs perches à « selfie ». Contrairement à ses prédécesseurs, dont Mgr Michel Aupetit en janvier 2018, Mgr Laurent Ulrich n’a pas pu être installé sous les voûtes de Notre-Dame, en cours de restauration depuis l’incendie que l’a gravement endommagée en avril 2019.

Une faute généreuse

C’est donc à Saint-Sulpice, la plus grande église de Paris, dans le 6e arrondissement, qu’a eu lieu la messe d’accueil désignée par le nouvel archevêque, à 18h30 Sur le parvis de Notre-Dame, où Mgr Ulrich avait exécuté les vêpres avant de se cuéillir un momento, presque seul, dans la cathédrale.

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Ils étaient environ 2000 à voir convergé vers Saint-Sulpice pour l’accueillir, dont plusieurs centaines de prêtres et une quarantaine d’évêques, qui constituaient un impressionnant tapis d’aubes blanches dans le choeur et aux premiers rangs. Parmi eux, le cardinal André Vingt-Trois, le successeur du cardinal Lustiger et prédécesseur de Mgr Aupetit à la tête du diocèse de Paris (2005-2018), affaibli par le syndrome de Guillain-Barré mais qui comporte à être là.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin est également présent, tout comme la Maire de Paris Anne Hidalgo, la Présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, le Recteur de la Grande mosquée de Paris Chems-Eddine Hafiz, ou encore le Président de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Clase) Jean-Marc Sauvé.

Un « homme de compromis et d’écoute »

Alors que quelques heures plus tôt sur le parvis de Notre-Dame, le pontifical rugit à la nomination de Mgr Ulrich comme archevêque de Paris à ce poste après les débuts de la messe. Dans cette lettre apostolique, adressée à Mgr Ulrich le 26 avril, le pape François mentionnait quelques-unes des qualités qui l’ont poussée à choisir ce natif de Dijon pour succéder à Mgr Aupetit. Parmi elles, la ” prudence “, plus aussi le « gestion pays » de l’ancien diocèse de Lille.

Qualités immédiatement confirmées par Virginie Mulliez, responsable de la pastorale de la santé du diocèse du Nord, qui a brossé au micro de Saint-Sulpice un elogieux portrait de son ancien archevêque, et qui s’est dit « heureux » du savoir désormais à Paris. D’autres Lillois présentent à la célébration ont assuré La Croix que Mgr Ulrich, « homme d’engagement et d’écoute »devrait “faire du bien” à l’église parisienne. Celle-ci s’est divisée, ces derniers mois, auteur de la figure controversée de Mgr Aupetit.

La réouverture de Notre-Dame, chœur principal

Dans son homélie d’un quart d’heure, Mgr Ulrich n’a pas omis de soigner son prédécesseur, à qui il a dit son ” estimation “ et fils « amitié ». Mais sa prédication, activée autour de l’Évangile du jour, un extrait du long discours d’adieu de Jésus à ses disciples (Jn 15,26 – 16,4), se voulait plutôt tournée vers l’avenir.

Celui qui a choisi la “joie de croire” pour l’épiscopat concevoir un semblé déterminé à insuffler cette joie aux Parisiens, sans oublier pour autant la peine causée par “les marchandises”, “le terrorisme” ou bien sûr par l’incendie de Notre-Dame il y a trois ans. J’ai insisté vers le sud “l’intensité de la prière” qui s’était élevé à l’occasion de ce drame, y compris de la part de non chrétiens. Encore archevêque de Lille à l’époque, j’avais affirmé auprès de journalistes : « Nous verrons dans la résurrection de cette cathédrale et sa restauration le signe de notre propre résurrection, que nous vivans avec le Christ. »

C’est précisément sous son épiscopat que cette “résurrection” Devrait advenir, puisque la réouverture du lieu est prévue pour 2024. Le chantier de reconstruction figure parmi les principaux dossiers dont il hérite aujourd’hui. Mené en dialogue avec l’État, il fait l’objet d’une vive attention de la part des fidèles et des nombreux donateurs.

Les catholiques parisiens le salent bien : Mgr Ulrich ne restora pas beaucoup plus de cinq ans à la tête du diocèse de Paris, lui que est déjà 70 ans. « Qu’aura-t-il le temps de faire dans cet intervalle ? » s’interroge à voix haute le père Pierre-Henri Debray, jeune prêtre parisien de 35 ans croisé sur le parvis de Notre-Dame. « Je crois qu’il est surtout là pour terminer ce que Mgr Aupetit n’a pas pu faire. »

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