manque d’engouement autour des Fenottes, à qui la faute ?

J’ai gâché un 8e titre de champion d’Europe, l’OL n’a pas réussi à remporter les foules, dimanche, pour les festivités de ce sacre à Lyon. Est-ce un problème d’organisation ou tout simplement de mentalité vis-à-vis du football féminin ?

Dimanche, sur la place de la Comédie, l’affluence est bien loin de celle observée par les différents titres des garçons jusqu’en 2012 et la Coupe de France. Pour la 8e Ligue des champions dans l’armoire à trophées de l’LO, il y avait environ 200 personnes s’étaient amassées devant les grilles de l’Hôtel de Ville pour apercevoir et célébrer les Fenottes. Pour une équipe qui écrit chaque jour un peu plus son nom dans la légende du foot, ça ne fait pas épais et nombreux sont ceux à s’en être désolés sur les réseaux sociaux. Entre communication tardive et manque d’intérêt pour ces filles pourtant sur le toit de l’Europe à qui est-ce vraiment la faute ?

La réponse est très certainement entre les deux. Samedi, à Turin, le Juventus Stadium est bon plus Blaugrana que rouge et bleu. Sur les plus de 30 000 spectateurs annoncés pour la finale de la Ligue des champions, seulement 2 000 avaient fait le court déplacement entre Lyon et le Piémont. Face à 15 000 supporters du Barçales différents groupes de supporters lyonnais comme Lyon 1950, Hexagones, Kop Fenottes 69 et OL Ang’elles ont tenté d’étayer la comparaison et les joueuses de l’LO tout comme Sonia Bompastor n’ont pas manqué de le préciser dès le lendemain lors de la réception en leur honneur. “Barcelone c’est quand je suis un grand club avec des supporters fidèles et une culture forte donc bravo à eux, avait souligné Ada Hegerberg. On aurait aimé avoir le même nombre c’est sûr mais ceux qui étaient présents ont fait un boulot énorme et ça nous a beaucoup motivées car on voulait leur donner aussi ce titre.”


Un problème de mentalité en France ?


L’attaquante norvégienne n’est jamais la dernière pour donner son avis et a très certainement relevé un premier point d’explication à ce manque d’engouement autour de cette finale. Car c’est bien toute la semaine qu’a entouré ce duel qu’a fait ressortir ce sentiment de laisse-pour-compte. Quand l’Espagne a mitraillé ses journaux d’articles, la France du foot est restée plutôt calme sur le sujet, bien plus passionnée par le feuilleton Kylian Mbappé. Notre pays ne serait-il finalement pas rattrapé par les défauts qu’on lui connaît, à savoir ne pas être un pays de foot ? C’est en tout cas ce qu’ont pensé Amel Majri et Nicolas Puydebois sur le plateau de Tant qu’il et aura des Gones, lundi.

“C’est aussi la mentalité. Quand on regarde en Espagne, le Barça s’est mis à gagner et a directement rempli les stades avec 91 000 personnes. Quand on a joué au Parc, il était filli. C’est en train de prendre mais il faut du temps.”j’ai remarqué la Fenotte avant d’être suivant par notre consultant qui considère que la France “Es loin en terme de ferveur par rapport aux Italiens, aux Espagnols ou aux Anglais. C’est la mentalité française.”

Si le football féminin est plus que plus dans les Moeurs dans l’Hexagone et que voir une fille jouer dans un club même amateur n’a plus rien de choquant, il reste encore du travail pour ne serait-ce avoir une reconnaissance bien plus lift . Amel Majri assurer “Ça ne sert à rien de comparer avec les garçons, on ne courra jamais aussi vite mais on progresse et on fait ce sport aussi bien qu’eux.” Avec des titres à ne plus savoir quoi en faire, l’LO A pourtant posé les bases d’une reconnaissance plus générale et surtout des performances que pourraient provoquer du monde au stade quand les garçons font choux blanc depuis une décennie. Seulement pour Nicolas Puydeboisil y a une erreur stratégique dans la communication faite dans le football féminin et à l’OL.

“Il faut aller chercher son public, chaque sport a son public. Le rugby, le basket, le foot, le foot féminin a son public. Plutôt que de se focaliser sur les ultras et le public déjà existant, il faut aller chercher un public plus familial qui n’a pas peur de venir au stade. Il ne faut pas dire ‘parce que vous êtes supporters de l’OL alors vous allez voir les filles’. C’est un autre public et il faut développer cet aspect-là .”


Une communication plus familiale et plus ciblée ?


quelle sonia bombardier ou Amandine Henry poussent la FFF à passer la seconde au niveau du développement des infrastructures en France, l’OL devrait donc revoir sa communication. Une démarche pour laisser ce fait dans le sens avec la nomination d’une responsable des femmes dans le marketing et l’accueil à la mairie de Lyon est une vraie avancée puisque “c’était la première fois” comme l’a souligné Majri. La communication de la Ville de Lyon et du club a été tardive et faite sur les réseaux sociaux ce qui peut expliquer le peu de monde présent dans le centre ville dimanche mais il ya un créneau à prendre autour de ces filles qui font la fierté de toute un club, de toute une ville.

“Elles font bouger les choses. La région, la ville sait qu’il y a un créneau à prendre. Les dérives du foot business masculin engendrent des réactions et des comportements que détériorent un peu notre équilibre de société, a continué notre consultant. Avec les filles, par leur état d’esprit et leur simplicité, on retrouve des valeurs plus familiales.”

Le temps et la patience sont les maîtres-mots dans cette évolution du football féminin et il se pourrait bien que les Fenottes ne finissent pas que les précurseuses de ce que seront le pied de main.

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