“C’était l’une des plus belles ambiances de ma carrière”, raconte, ému, Jo-Wilfried Tsonga, après son dernier match

Clap de fin pour le plus grand joueur français du XXIe siècle. Jo-Wilfried Tsonga a retrouvé sa table de tennis professionnelle, mardi 24 mai, pour l’émission d’un dernier face-à-face avec le Norvégien Casper Ruud lors du premier tour de Roland-Garros (6-7 [6-8]7-6 [7-4]6-2, 7-6 [7-0]).

Applaudi comme il se doit par le public du court Philippe-Chatrier, “Jo” a eu droit également à une cérémonie pour saluer son immense carrière. Il était encore ému au moment d’arriver dans la salle d’interview.

Quelle a été votre plus grosse émotion, aujourd’hui sur ce court Philippe-Chatrier, à Roland-Garros ?
Jo-Wilfried Tsonga : Ma plus grosse émotion, jerais que c’était pendant tout le match, et aussi après. C’était incroyable, la foule m’a porté, m’a donné la force de combattre et c’est ce que j’ai fait. C’était un bon match, je n’ai pas fini de la manière dont je voulais mais j’ai fini sur le court, en jouant, en courant après la balle. C’était fort pour moi et ça restait un bon moment.

Dans quel état d’esprit avez-vous vécu ce match ?
C’était assez dur parce qu’avant le match, je suis avec Thierry (Ascione), mon frère, un ami à moi que me suit aussi, et à chaque regard on est all conscients que c’est la dernière fois que je vais Monter sur le Chatrier. Donc c’est difficile car je rentre sur le court et je suis déjà dans un état émotionnel important. Il a fallu me ressaisir, j’ai lutté contre mes émotions, contre mes larmes avant d’entrer sur le terrain et après je me suis dit : « Ne flanche pas, il y a un match, on and go !

Qu’est-ce que j’ai pensé une fois de votre adversaire du jour, Casper Ruud, tête de série numéro 8 ?
Ce n’était pas un match facile pour lui non plus. Jouer ici face à moi, avec cette foule venue pour moi… Et il a bien joué, il a été solide. Aujourd’hui j’étais capable de battre la plupart des joueurs mais pas lui. Il est jeune, passionné, il profite d’être sur le circuit pour vivre les choses développées, c’est chouette.

Avec un peu de recul, qu’est-ce que tu exprimes comme sentiment sur le court pendant toutes ces années ?
La vie de tous les jours est parfois difficile. Tu ne veux pas être trop grossier, bénir quelqu’un. Tu essaies toujours d’agir pour être attentionné, sociable. Mais sur le court, tu peux exprimer tes démons. Tout ce qui est en toi, tu le mets sur la table. Parfois, c’est libérateur.

Quel est votre plus beau souvenir sur le circuit ?
Je crois que toute l’aventure était bien. Meme les moments durs. Je ne peux pas dire qu’un jour était meilleur que les autres. Avoir tous ces gens autour de tristesse de moi pour partager ma, mes moments de joie… Je vais me rappeler de toutes les relations avec les gens autour de moi. C’est ce qui reste.

Ce match était un peu un symbole de votre carrière. On a vu un “Jo” plein de bravoure, et à 6-5 dans le 4e set il y a cette blessure, votre épaule lâche…
C’est vrai, il y a un peu de tout, du panache, du scénario, de la blessure… et un adversaire très solide en face. Je pensais avoir affronté les incroyables joueurs toute ma carrière, le top 4 mais pas seulement : Del Potro, Cilic, Wawrinka, Ferrer, des joueurs tous très accrocheurs. Aujourd’hui, je suis content d’avoir joué contre Casper, il a une vraie régularité dans ses résultats. Etre capable de lutter contre un joueur solide pour mon dernier match, c’est ce que j’attendais et ce que j’avais envie de faire. J’avais envie de finir sur le court.

“Quand j’ai la chance de servir à la fin du 4ème set, quand je peux plus lever l’épaule, j’appelle le kiné mais je voulais finir sur le court. Je suis allé au bout. Je crois qu’il n ‘y aurait pas eu de deuxième match car j’ai tout laissé sur le terrain ! (rires)”

Jo-Wilfried Tsonga

en conférence de presse

Est-ce que vous saviez que cette cérémonie en votre honneur était prévue ?
Je savais qu’il allait se passer quelque chose, oui. Je les ai tous envoyés chier quand ils m’ont poursuivi si je voulais faire un truc car ce n’était-être pas mon dernier match ! Et je ne voulais pas calculer. Après, c’était touchant de voir mes premiers entraîneurs sur le court, mes parents qui sont assez discrets… Même les gars, Richard, Benoît, Gilles… Je savais que Gaël allait venir, il me l’avait dit, mais je ne savais pas que les autres seraient là. Je n’avais pas envie d’y réfléchir, je voulais vivre le moment à fond et je suis régalé. Ils sont très contents car j’ai réussi à pleurer (rires). C’est passé un peu vite. quand tu es là cœur de l’attention, c’est dur de vivre le moment présent. Quand je vais revoir les images ça va beaucoup me toucher.

Après le premier match dans la carrière de Roland Garros contre Casper Ruud, Jo-Wilfried Tsonga a reçu un hommage touchant sur le court Philippe-Chatrier.

Est-ce que vous savez de quoi sera fait votre avenir, à court terme et à long terme ?
A court terme, je ne vous invite pas car vous n’allez pas être bien pour rentrer chez vous… (rires) Je vais profiter avec mes amis pour fêter ça. Demain, j’irai aussi faire des examens car je me suis fait très mal, j’étais incapable de porter mon fils après la rencontre. Ensuite, je me repose et continue de développer notre académique avec Thierry, à organiser les tournois ici en France et essayer de profiter des gens que je n’ai pas pu voir toutes ces années.

Qu’est-ce qui va vous manquer le plus de votre vie de joueur ?
L’adrénaline de jouer sur un grand court. Quand t’as 15 000 personnes qui crient ton nom, tu présages sur le terrain… Ce qui s’est passé aujourd’hui, c’est improbable. Physiquement ces derniers temps, ce n’était pas évident et là, ces deux-trois derniers jours, je me sentais mieux. Je pensais que c’est grace à tout ça, à l’engouement, aux gens dans les gradins… C’était l’une des plus belles ambiances de ma carrière et elle arrive sur mon dernier match. Je n’aurais pas pu rêver meilleur scénario, hormis la victoire. C’est ce contact avec le public que va me manquer, et aussi avec les gens qui m’ont porté toutes ces années.

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