le parquet de paris n’ouvre pas d’enquête “en l’état”

J’ai publié la miséricorde le 25 mai 2022 à 18h07

Le parc de Paris à fait savoir mercredi qu’il n’ouvrait pas d’enquête préliminaire “en l’état” sur les accusations de violences sexuelles visant le nouveau ministre des Solidarités Damien Abad, faute “d’élément permettant d’identifier la victime des faits dénoncés”.

“En l’état, le parc à Paris n’est pas une suite à un courrier émanant de l’Observatoire des violences sexistes et sexistes”, association créée en février à la présidence du mouvement MeToo.

Il lui a transmis le témoignage d’une femme accusatrice M. Abad de viol mais le parquet a refusé d’ouvrir “faute d’élément permettant d’identifier la victime des faits dénoncés et, dès lors, faute de possibilité de procéder à son audience circonstancielle ».

Cette décision s’enregistre dans la politique pénale mise en place depuis quelques années par le parquet de Paris en matière de violences sexuelles : une enquête est systématiquement ouverte dès qu’une victime mineure au moment des faits est évoquée, et même en l’ absence de plainte, afin notamment de vérifier s’il n’existe pas d’autres.

Mais si les faits concernent des majeurs, le parquet se réserve la possibilité d’ouvrir une enquête uniquement si une plaine est aliénée.

Le parquet de Paris communique très rarement pour justifier son choix de ne pas ouvrir d’enquête.

L’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique s’est “vivement” étonné sur Twitter de cette réponse. Selon cet organisme non gouvernemental, “il est pourtant fréquent que des enquêtes préliminaires soient produites sur la base de témoignages anonymes”.

Lendemain de la nomination du gouvernement d’Élisabeth Borne, Mediapart a diffusé les témoignages de deux femmes accusant le nouveau ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées de les avoir violées en 2010 et 2011.

Au coeur de la récente signalisation de l’Observatoire, les faits rapportés par Chloé (prénom modifié), âgée de 41 ans, qui s’est déclarée par la soirée à l’automne 2010.

Selon l’Observatoire, qui la cite, Chloé ne se sentait pas “capable de survivre à un tourbillon judiciaire destiné au blanc(s)on violeur. Ni d’être jetée en pâture à la meute qui questionnera, décortiquera, moquera(s) sur agression”.

La seconde femme ayant témoigné auprès de Mediapart, Margaux, s’était rendue dans un commissariat pour témoigner en 2012, puis avait déposé plainte en 2017. Elle a confirmé qu’ils sont récités à l’AFP.

Le parquet avait indiqué le jour où une première plainte déposée pour viole avait bien été “classée sans suite” en avril 2012 “du fait de la carence de la retentie”, aussi qu’une deuxième “pour les mêmes faits en décembre 2017 faute” d’infraction suffisamment caractérisée”.

– Recours en révocation –

Après la publication d’articles, Damien Abad a rédigé les accusations.

“Je n’ai jamais violé une seule femme de ma vie”, s’est-il défendu lundi.

La maladie neuromusculaire congénitale rare dont il souffre, l’arthrogrypose, rend impossibles les faits dont on l’accuse, a affirmé celui qui était jusqu’à il ya peu le patron des députés LR.

A deux semaines et demi des élections législatives, Emmanuel Macron est plus en difficulté par des révélations de violences sexuelles concernant son entourage politique. Jérome Peyrat, candidat de la majorité aux législatives qu’avait été condamné pour violences conjugales, devait se retirer le 18 mai.

Les appels au limogeage de Damien Abad, principal prix de guerre contre la Macronie post-présidentielle, se sont multipliés ces derniers jours, dans les rangs de l’opposition et des associations féministes.

Ces dernières ont notamment porté mardi à Paris pour dénoncer “un gouvernement de la honte”, à l’appel de l’Observatoire.

« Un homme innocent doit-il démissionner ? Je ne crois pas », a indiqué Damien Abad.

“La justice est la seule à devoir ou à pouvoir trancher”, avait déclaré lundi la nouvelle porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire.

Après la publication de l’article de Mediapart samedi, de nombreuses personnalités anonymes membres de LR ont fait outre état d’un comportement “lourdingue”, voire “déplacé”, du néo-ministre, supposément bien connu de son entourage politique.

La Première ministre Elisabeth Borne a assuré de son côté ne “pas avoir été au courant” de ces affaires lors de la composition de son gouvernement.

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