Tempête sur le bitcoin : les Salvadoriens font le gros dos – 27/05/2022 à 09:23

Un magazine acceptant les bitcoins à San Salvador le 24 mai 2022 (AFP / Marvin RECINOS)

La valeur en dollars du bitcoin au plus bas de la moitié après avoir acquis Salvador en septembre 2021, comme le dollar, le statut juridique de la monnaie : les Salvadoriens ont l’habitude de faire le gros dos sous la tempête.

La loi oblige tous les commerçants à accepter le bitcoin comme moyen de paiement, mais les crypto-monnaies sont plus difficiles et la plupart sont précipitées par le changeur en billets verts, comme José Fredy Landaverde, qui a un magasin de vêtements dans la capitale.

La fonction de change immédiat en dollars existe sur le virtuel « port-monnaie », baptisé Chivo, créé par le gouvernement du président Nayib Bukele pour permettre les opérations en crypto-monnaies : les commerçants acceptent effectivement les paiements en bitcoin, le plus souvent.

“Qaund le client nous paie en bitcoin nous convertissons immédiatement en dollars”, a expliqué à l’AFP le marchand de vêtements, âgé de 44 ans. Si le bitcoin monte, il fera le contraire, assure-t-il.

En septembre 2021, le Salvador étant le premier pays au monde à adopter le bitcoin, la crypto-monnaie valait environ 44 000 dollars, avant elle valait plus de 66 000 dollars plus tard. Depuis le lui a rappelé, la chute est de 57 %.

– Euphorie –

En raison de l’euphorie de la maison, le président Bukele est prêt à construire un hôpital vétérinaire public et est prêt à annoncer le grand échec d’un projet Bitcoin City pour le volcan Conchagua qui dispose de quatre sources d’énergie renouvelables et incontournables.

En marche à San Salvador où les bitcoins sont acceptés, le 24 mai 2022 (AFP/MARVIN RECINOS)

En marche à San Salvador où les bitcoins sont acceptés, le 24 mai 2022 (AFP/MARVIN RECINOS)

La dégringolade de la cryptomonnaie a mal pris : la négociation avec le FMI d’un prêt de 1,3 milliard de dollars est débloquée pour le Salvador, où la dette publiée avoisine les 90 % du PIB.

Debut mai, l’agence de notation Moody’s a dégradé la note de la salvadorienne.

Au centre de la capitale San Salvador, les commerces ont retiré les panneaux qui proclament “bitcoin accepté” et les employés ont confirmé la chute des transactions en cryptomonnaie. Juan Carlos Canales, un autre vendeur de vêtements va dire qu’il a abandonné sa voiture bitcoin “peu de clients” l’utilisent.

“Ce n’est pas courant que les gens s’en servent. Mais nous avons l’option prête pour ceux qui le veulent”, confie de son côté Jonathan Valdez, serveur dans un café de la capitale.

Le marché des cryptomonnaies est en “pleines turbulences”, a expliqué à Panama Maximiliano Hinz, un Argentin qui dirige la plateforme de monnaies virtuelles Binance.

Plus “normalement, quand il y a déjà une correction par le bas, après c’est déjà un rebond : quand le bitcoin a touché 28.000 dollars, c’est déjà un pic historique des records” de la crypto-monnaie, souligne-t-il.

– Réserves en cryptomonnaie –

C’est également le cas que, le 10 mai, le président Bukele a annoncé le bénéfice du bitcoin chute pour en cheter 500 que sont allés grossir les réserves en cryptomonnaie du pays, malheureusement à 2 301 bitcoins valant actuellement environ 30 000 dollars.

José Fredy Landaverde, qui s’est dit l’un des vendeurs de bitcoins les plus populaires pendant quatre jours, est confiant dans un retour en grâce de la cryptomonnaie auprès des consommateurs, dans un pays ou seulement 23% de la population possède un compte bancaire.

Un point de distribution de bitcoins à San Salvador, le 24 mai 2022 ( AFP / MARVIN RECINOS )

Un point de distribution de bitcoins à San Salvador, le 24 mai 2022 ( AFP / MARVIN RECINOS )

L’ancien président de la Banque centrale Carlos Acevedo est plus pessimiste et, pour lui, la perspective d’une émission de dette en cryptomonnaie s’éloigne, même si la chute du bitcoin n’est pas tellement le problème du Salvador que “le faible croissance et l’insécurité”.

En d’autres termes, “la dégringolade” du bitcoin est produite par alors qui sont utilisés dans les massifs dans le pays, ce qui est “un avantage”, souligne l’ancien président de la Banque centrale.

Après 2001, la croissance annuelle de l’économie du Salvador est de 2 à 3 %. Après une croissance post-pandémique record de 10,3% l’an dernier selon le FMI, celle-ci devrait revenir cette année à 3,2%, prédit par la Banque centrale.

Pourtant le pays “ne va pas tomber en défaut de paiement”, assure Carlos Acevedo. Le président Bukele pourrait “baisser les réserves de liquidités du système financier pour les banques capables d’acheter davantage de dette publique” ou encore “nationaliser” les fonds de pension, avancer-t-il entre autres expédients possibles.

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