Que faire à Paris en juin ? Le Château de Versailles à l’Institut du Monde Arabe : 5 expositions à visiter

Balade ensoleillée au château de Versailles pour admirateur des chefs-d’œuvre, voyage en Algérie à l’Institut du monde arabe ou escapades entre d’espiègles petits princes dans les jardins du Domaine national du Palais-Royal… Connaissance des Arts a Sélectionné pour vous 5 idées d’expositions à découvrir ce week-end à Paris.

En cette saison printanière, profitez des beautés pour vous balader dans les jardins Domaine national du Palais Royal pour et découvrez les petits princes verts de Fabrice Hyber ou au château de Versailles où de majestueux marbres sont mis à l’honneur. Si la chaleur à la raison de vos envies d’échappées en extérieur, ne manquez pas une évasion entre l’expressionnisme abstraction et l’abstraction de Jaffe Reine au Centre Pompidou ou une évasion dans la poésie des énigmatiques peintures de Toyen au musée d’ Art moderne. Ou bien encore, faites un détour par l’Algérie à travers 3 générations d’artistes à l’Institut du monde arabe. Connaissance des Arts Une sélection pour vous de 5 expositions à visiter Paris ce week-end.


1. Toyen, la poésie de la peinture

J’ai pensé à l’écrivain et poétesse Annie Le Brun, cette exposition révèle une artiste méconnue en France, où l’œuvre séduit pour des univers qui ne se ressemblent pas. Née à Prague, Toyen (1902-1980) quitte sa famille à 17 ans pour rejoindre les milieux anarchistes et vivre sa vie d’artiste. Elle couche avec son peintre Jindrich Styrsky (1899-1942), avec elle régulièrement exposée, dans son pays d’origine comme à Paris, où elle côtoie les surréalistes dans les années 1930. Après quelques toiles d’esprit cubiste, Toyen trouve son style , inspiré par la nature et teinté d’érotisme. Grande coloriste, elle aime expérimenter la matière, tour à tour lisse ou rugueuse. Chacun de ses tableaux est une énigme. Il faut prendre le temps d’entrer dans ses images, pour tenter d’en percer les mystères et surtout, se laisser envoûter par leur poésie. Coproduite par le musée d’Art moderne de Paris, la Galerie nationale de Prague et le Hamburger Kunsthalle de Hamburg, cette rétrospective rassemble cent cinquante peintures, dessins, collages, documents et livres provenant de musées et de collections particulières. « J’ai voulu montrer la cohérence de sa trajectoire, sa façon de remettre en cause les apparences, pour traduire les forces cachées du monde. Ses visions sont des traversées d’apparitions, d’ombres, de cauchemars et de rêves », explique Annie Le Brun.

« Toyen, l’écart absolu »
musée d’art moderne
mam.paris.fr
du 25 mars au 24 juillet 2022

2. Versailles, divines retrouvailles

Mort en 1715, Louis XIV put voir de sa dernière grande commande par les bosquets du Grand Trianon, le groupe en marbre de Zéphyr et Flore qu’une version en plâtre. Sculpté par Philippe Bertrand et René Frémin, réalisé par Jacques Bousseau en 1726, ce chef-d’œuvre d’un baroque touché par la grâce du XVIIIe siècle fut offert par Louis XV au marquis de Marigny, frère de madame de Pompadour. Dans les jardins de son château de Ménars se sont également révélés L’Abondance, commande de Louis XV à Louis-Sigisbert Adam pour le château de Choisy. On avait perdu la trace de ces deux marbres royaux importants. Ils ont réapparu au terme d’une longue enquête menée par Lionel Arsac, conservateur au château de Versailles. Acquis en 1881 à la vente des sculptures du château de Ménars par le Baron Alphonse de Rothschild, ils rejoignirent les trésors de son célèbre hôtel de la rue Saint-Florentin. Gâté par les nazis, restauré après guerre, les deux sculptures ornent l’hôtel Ephrussi, avenue Foch. C’est ce que découvrit Lionel Arsac, dans les jardins de la demeure, devenu ambassadeur d’Angola en 1979. La République de l’Angola en a fait don au château. L’exposition remplace ces deux œuvres dans le contexte de leur création. De nombreuses œuvres, des documents inédits font revivre Trianon, Choisy et Ménars et l’émerveillement de leurs fabuleux jardins.

« Chefs-d’œuvre retrouvés »
Château de Versailles
www.chateauversailles.fr
du 5 février au 5 juin 2022

Exposition “chefs-d’oeuvre retrouvés” au Château de Versailles ©Didier Saulnier

3. Shirley Jaffe, reine de l’abstraction

Complétée de notes d’atelier et d’archives inédites, cette rétrospective retrace chronologiquement la carrière de Shirley Jaffe (1923-2016), peintre américaine installée à Paris dans les années 1950. Autour des douze toiles reçues par dation à l’ État français en 2016 et conservés au Centre Pompidou, l’accrochage suit son évolution stylistique, de l’Expressionnisme abstrait, très gestuel, de ses débuts, jusqu’aux tableaux de la fin de sa vie aux formes libres colorées en aplats.

​​​​​​« Shirley Jaffe, unit l’Américaine à Paris »
Centre Pompidou, Paris
www.centrepompidou.fr
du 20 avril au 29 août 2022

Shirley Jaffe, Hawley, 2011 160 x 130 cm, Huile sur toile Courtesy Galerie Greta Meert, Bruxelles© Adagp, Paris, 2022

Shirley Jaffe, Hawley, 2011 160 x 130 cm, Huile sur toile Courtesy Galerie Greta Meert, Bruxelles© Adagp, Paris, 2022

4. Les petits princes verts de Fabrice Hyber

Artiste facétieux, Fabrice Hyber est célèbre pour ses expérimentations plastiques en peinture, sculpture, design et vidéo. Né de son imagination loufoque, l’Homme de Bessines ainsi vu le jour il y a une trentaine d’années, aimable petit prince vert symbolisant l’engagement écologique de l’artiste. « Ce n’est pas un Martien, encore moins un vilain envahisseur, mais bien plutôt une sorte de génie bienveillant. Je l’ai d’ailleurs conçu à l’origine comme un autoportrait de la taille d’un enfant », nous rassure avec un brin d’humour Fabrice Hyber. Ce doux virus, sa créature qui n’a cessé de muter et de se propager à ses ordres, s’est décliné en matières et queues diverses du Portugal à la Chine, en passant par les États-Unis. En partenariat avec le Centre des Monuments nationaux, l’artiste devenu académie a installé une trentaine de sculptures dans la fontaine des jardins du domaine national du Palais Royal, sous l’œil malicieux d’une Femme de Bessines créée spécialement pour l’occasion. Ses peut également les amateurs cherchant les sacs d’un beau vert futuristes devront conçu pour la maison de haute maroquinerie Camille Fournet. Comme une pulsation de vie radieuse en ce printemps morose…

« Fabrice Hyber fête les 30 ans de l’Homme de Bessines »
Jardins du Domaine national du Palais-Royal, Paris
www.domaine-palais-royal.fr

Et « Capsule hyperFournet »,
Boutique Camille Fournet, Paris
www.camillefournet.com
du 5 avril au 31 mai 2022

Vue de l'installation de Fabrice Hyber dans la fontaine des jardins du Domaine national du Palais-Royal, 2022 © Didier Plowy – Centre des monuments nationaux

Vue de l’installation de Fabrice Hyber dans la fontaine des jardins du Domaine national du Palais-Royal, 2022 © Didier Plowy – Centre des monuments nationaux

5. L’Algérie droit au coeur :

De Louis Nallard, tourné en 2016 à l’âge de 100 ans, à El Meya, à côté de Constantine en 1988, trois générations de vénus artistes d’Algérie et de leur diaspora témoignent du fécond dialogue noué avec la France, même aux heures sombres de l ‘l’histoire. Autant de preuves tirées des collections d’art moderne et contemporain de l’IMA, richesses de six cents œuvres, grâce aux donations répétées de Claude et France Lemand. Parmi elles, Le Jardin des moines de Abderrahmane Ould Mohand, allusion solaire au massacre de Tibhirine.

« Algérie mon amour, Artistes de la fraternité algérienne 1953-2021 »
Institut du monde arabe, Paris
www.imarabe.org
du 18 mars au 31 juillet 2022

Kamel YAHIAOUI (1966) La Mer des tyrannies, 2020. Installation en différents matériaux, diamètre 420 cm.  © Donation Claude et France Lemand.  Musée de l'IMA.

Kamel YAHIAOUI (1966), La Mer des tyrannies, 2020. Installation en différents matériaux, diamètre 420 cm. © Donation Claude et France Lemand. Musée de l’IMA.

Leave a Comment