Gabin Nuissier, parrain du breakdance en Île-de-France

Après l’année 1980, Gabin Nuissier enseigne le breakdance dans la région. A 55 ans, cette figure de la culture hip-hop en France continue de rassembler toutes les générations autour de sa passion. Rencontre avec un pionnier de la danse urbaine, discipline olympique en 2024.

Vous êtes plus souple au moment du coup de pied.” Ouiur la scène, la voix de Gabin Nuissier résonne par-dessus un morceau de rap que diffuse une enceinte posée au sol. Dans la Grande Halle située dans le quartier de la Villette dans le 19e arrondissement de Paris, ce professeur aux cheveux grisonnants distille ses conseils.

Gabin, c’est notre légende, c’est le parrain du hip-hop en France.

Autour de la piste de danse, tous les passants saluent l’homme aux paniers tricolores et à la chemise noire. Dans le quartier, tout le monde le connaît. Gabin, c’est notre légende, c’est le parrain du hip-hop en France», s’est exclamé Manny, un rappeur du nord-est parisien venu enchaîner quelques pas de danse. Cette popularité, il la doit au fait qu’il fut pour beaucoup de Franciliens, leur premier enseignant de danse urbaine.

C’est avec Gabin que j’ai pris mes premiers cours de danse dans les années 1990“, se souvient avec nostalgie Hakim Ibrahim, danseur professionnel. Celui que certains intimant affectueusement”tonton“Former plusieurs générations de danseurs au breakdance dans sa salle située près de la ligne 13 du métro. Gabin Nuissier est l’un des précurseurs de la culture hip-hop et du breakdance en France.

C’est au début des années 1980 que Gabin Nuissier découvre la culture hip-hop. UN Travers les morceaux américains qui commencent à passer sur les ondes des radios françaises, il découvre un style de musique auquel il s’identifie immédiatement.

C’était révolutionnaire, je suis arrivé en Seine-Saint-Denis par la Martinique en 1974 et mes amis et moi n’avions jamais compris le rap avant. J’ai tout de suite attaché et senti que le style musical me correspond car il dégageait une énergie particulière“.

J’ai commencé à m’intéresser au rythme et j’ai essayé de trouver les mouvements qui collaient à la musique.

Ainsi, il développe sa culture hip-hop en rebondissant autour des stars américaines de l’époque. Très vite, j’ai commencé à m’intéresser à la rythmique et à essayer de trouver les mouvements qui collaient à la musique“. C’est avec cet élan créatif qu’il organise le premier cours de breakdance en région parisienne. En 1984, les premiers lutins se réunissent et la carrière d’un professeur avec un objectif clair en tête débute. Avec mes amis, on voulait montrer que cette danse pouvait parler à tout le monde. Le fait de trouver, grâce au rythme de la musique les pas adéquats, requiert des bases, mais c’est aussi une expérience personnelle“, sourit Je suis intéressé.

C’est même dans optique qu’il fonde avec d’autres passionnés de hip-hop la compagnie de danse Actuel Force n’est pas le directeur. L’objectif pour nous était de rassembler les jeunes de Seine-Saint-Denis autour du breakdance et rapidement, on a eu de plus en plus d’ adeptes qui sont distribués de partout dans Paris“.

Au fur et à mesure qu’il donne ses cours, sa réputation grandiose de précurseur et professeur de talent d’une nouvelle forme d’art. Dès la fin des années 1980 et tout au long des années 1990, il entreprend des voyages aux quatre pièces de la France et plus tard dans le monde entier pour poursuivre sont des travaux de démocratisation de la danse qui la passionne.

De l’Afrique du Sud au continent asiatique, en passant par l’Italie, ce baroudeur du rythme exporte la culture hip-hop à l’international. “Cela m’a permis de m’ouvrir au monde et aux autres. Le voyageur fait m’a permis de montrer que la danse est un langage universel“, indique-t-il.

Ce passeur de savoir transcende donc toutes les générations de danseurs depuis 1982. Avec pédagogie et bienveillance, il transmet sa passion à travers un travail physique mais également mental. Le hip-hop, c’est la culture du dépassement de soi. Mon but est toujours de montrer à mes élèves que l’on peut arriver à un bon résultat sur une chorégraphie si l’on est prêt à se donner à fond“, précise-t-il.

Le hip-hop, c’est la culture du dépassement de soi.

Celui qui, à 55 ans, continue de danser avec ses protégés, suscite l’admiration de tous ceux qui font ou ont fait partie de ses danseurs. donner qu’il donne un cours, je le suis. J’étais son élève à la salle de la ligne 13 puis je continue à m’entraîner avec Gabin, car il cherche sans cessa à adapter les cours à nos besoins», explique Marie-Lou, une de ses jeunes élèves.

Pour beaucoup, Gabin Nuissier c’est un défenseur invétéré de l’authenticité de la culture hip-hop. Il dit toujours qu’il faut que cela reste une danse underground, que le más important, c’est que le breakdance ne loses pas son coté instinctif“, insiste Sofiane El boukhari, briseur professionnelle.

Le breakdance fera son entrée aux Jeux Olympiques à Paris en 2024. Un événement qui ravit le professeur. il h trouve cela bien, car cela va permettre de continuer à démocratiser notre art. Puis il y a toujours eu dans le breakdance un coté competition avec les battles de danse“, souligne-t-il.

Il faut que plus de culture perdure.

Néanmoins, il prévient contra les dérivés possibles liés à l’aspect concurrentiel. Il est important que cela reste une danse basée sur l’instinct. Ce que l’on cherche dans le break, ce n’est pas force d’être meilleur que les autres, mais avant tout de se sentir libre dans nos mouvements. Le but, c’est de ne faire que un avec le rythme de la musique“, terminé-il.

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