le rêve de la recharge solaire

publié le dimanche 26 juin 2022 à 11h36

Quelques start-up, mais aussi des géants de l’automobile commencent à installer des panneaux solaires sur leurs nouvelles voitures électriques, promettant une peu d’autonomie supplémentaire, mais pas encore de rouler à l’œil.

Sous le soleil brûlant du nord de l’Espagne, la “0”, premier modèle de série de la start-up Lightyear, engrange assez d’énergie solaire pour parcourir chaque jour plus 70 kilomètres gratuitement. Ils sont capot avant et son long toit sont couverts de cinq mètres carrés de panneaux solaires.

Ses fondateurs, de jeunes ingénieurs hollandais, ont gagné plus de cours à l’énergie solaire dans le désert australien. Profitant de la baisse des prix des panneaux photovoltaïques et des batteries, ils tentent d’appliquer cette technologie aux voitures de tous les jours.

Les trois voitures aérodynamiques du « 0 » et leurs moteurs sont intégrés aux routes et permettent aux consommateurs de gagner en puissance ce qu’il reste aux SUV électriques dominants, et disposent d’une autonomie de 625 kilomètres pour une charge. En roulant peu, on pourrait ainsi ne la brancher que l’hiver, j’ai promis la marque.

« L’heure tourne : nous devons rouler durablement dès que possible », souligne l’un de ses fondateurs, Lex Hoefsloot, à l’AFP. “Les bornes de recharge restent un obstacle majeur. Si nous n’en avons pas besoin, nous pourrons changer d’échelle bien plus vite.”

Lightyear a posé la barre très haut, avec le premier modèle construit à plus de 1 000 exemplaires et un tarif Bentley, à 250 000 euros. Une version abordable, au prix de 30 000 euros, est annoncée pour 2024-2025.

– Costumes quotidiens –

Alors que le marché des voitures électriques explose, plusieurs modèles de panneaux solaires sont attendus dans les prochains mois. Toyota proposait déjà des panneaux sur sa Prius hybride (en option) et sur sa toute première voiture 100% électrique, la BZ4X. Idem pour le prototype de pick-up Tesla, pré-2023.

Les Mercedes équipées de cellules photovoltaïques sont toutes de luxueux prototypes EQXX qui, avec le même profil que la Lightyear, promettaient 1 000 kilomètres d’autonomie.

Selon le chercheur américain Gregory Nemet, “les panneaux photovoltaïques sont devenus si bon marché que, même dans des zones peu ensoleillées, ça vaut le coup d’en mettre”.

“Même si un toit de voiture ne peut pas charger entièrement la batterie en un jour, il peut engranger assez d’énergie pour vous ramener de votre travail à votre domicile”, explique le spécialiste de l’énergie à l’université du Wisconsin.

Avec quelques centimes d’euros supplémentaires pour la voiture, l’énergie solaire pourrait au minimum compenser l’utilisation de la climatisation, analyse Gautham Ram Chandra Mouli, spécialiste de la mobilité électrique à l’université de Delft, aux Pays-Bas.

Attention cependant à l’endroit où l’on gare, prévient l’expert : la voiture ne se recharge évidemment que si le es à l’extérieur, et beaucoup moins l’hiver. En outre, elle se rechargeait bien mieux près de l’Equateur qu’en Europe du Nord.

Sous le soleil de Californie, la start-up Aptera affiche de son côté 25 000 précommandes pour son premier modèle prévu pour la fin de l’année, une petite voiture à trois roues et deux places. Selon les versions, facturées entre 26 000 et 46 000 dollars, l’affiche entre 400 et 1 600 kilomètres d’autonomie.

Un autre modèle solaire bien plus classique, plus accessible et ambitieux également, est présent à Allemagne fin 2022 : le Sion. Cette compacte dotée de cinq places est cubique et toute noire, car intégralement couverte de panneaux solaires.

“Nous avons développé une technologie qui nous permet de tout couvrir”, explique Jona Christians, co-directrice de la grande start-up allemande qui l’a imaginé, Sono Motors. Avec 18 000 précommandes enregistrées, elles devraient produire 260 000 emplois d’ici 2030.

La Sion intègre le système “Vehicule-to-Grid”, qui permet à la batterie chargée de restituer l’électricité à la lumière lorsque le soleil brille le plus.

Le petit constructeur compte aussi vendre sa technologie solaire à d’autres, comme le groupe français de remorques frigorifiques Chéreau.

Une autre marque hollandaise, Squad Mobility, compte lancer des voitures solaires sans permis en 2023.

Il s’agit du mécène Robert Hoevers, un vieux Lightyear, voit dans le soleil l’avenir des voitures : “Les panneaux deviendront encore moins chers, les moteurs électriques plus efficaces : tôt ou tard, on roulera tous les jours à l’énergie solaire.”

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