Tour de France – Julian Alaphilippe : «Je veux redevenir le vrai Julian»

C’est évidemment l’information que fait la Une en ce début de semaine, à désormais trois jours du Grand Départ du Tour de France 2022 de Copenhague vendredi: Julien Alaphilippe ne sera pas de la fête sur la prochaine grande bouclene pas retenir par sa formation Vinyle alpha Quick-Step. Après m’être rapidement expliqué par l’intermédiaire d’un communiqué de presse de leur équipe, la star du peloton français se confie plus longtemps sur les raisons de la non-participation à visites – plus aussi sur la chute, ses conséquences et la suite de sa saison – dans une interview accordée ce lundi à L’Équipe. Décryptage.

Vidéo – Julian Alaphilippe le grand absent du Tour de France 2022 !

“Je n’aurais pas supporté de passer mon mois de juillet à souffrir, à être juste là pour faire plaisir aux gens”

Il y avait une grosse partie de moi qu’espérait le faire, que se disait que c’était possible. De plus l’autre partie est beaucoup plus réaliste, il parait que tu connais la durée de ce cours, ce qu’elle demande. Ces trois dernières années, j’ai toujours pris le départ du Tour en pleine possession de mes moyens. Là, je me sentais fatigué, diminué. Je ne sais pas si j’aurais pu être compétitif sur trois semaines« Décrit le double champion du monde, lucide et compréhensif sur sa non-sélection. Vous comprenez. Hier (dimanche), au Championnat de France, j’ai vraiment souffert alors que j’étais dans un rôle de soutien. Sur le Tour, je n’aurais pas pu me permettre de rester au chaud dans le peloton. Je n’aurais pas supporté de passer mon mois de juillet à souffrir, à être juste là pour faire plaisir aux gens. J’aurais aimé être performant mais je suis trop limité“.

“Je ne suis plus le même qu’avant, c’est une certitude. J’ai changé, je prends les choses différemment”

Le natif de Saint-Amand-Montrond est ensuite revenu sur sa chute à Liège-Bastogne-Liège et ses circonstances glaçantes. “Je me rappelle du bruit de l’impact. Ce qui m’a le plus marqué, c’est le fait d’être en détresse respiratoire, de ressentir ce truc qui t’envahit… (il s’arrête) Tu ne peux rien faire, tu ne contrôles plus rien. Tu vas partir… Ça m’émeut d’en reparler, là. Je ne l’ai pas beaucoup fait pour avancer, ne pas remuer cette douleur, ce choc. En plus, personne ne m’avait vu dans le fossé, à part Romain (Bardet) qui a essayé de me séurir en voyant mon état. Je lui serai éternellement reconnaissant du geste qu’il a eu à mon attendu. Revenir sur tout ça, ça me fait encore quelque chose aujourd’hui…

Comme d’autres coureurs traumatisés après un incident grave, Julien Alaphilippe semble avoir vécu un véritable tournant dans sa carrière avec cette chute violente. “Je ne suis plus le même qu’avant, c’est une certitude. Avant cette chute, j’avais déjà vécu une année sportive très compliquée, je n’ai pas toujours été là où je voulais être physiquement. Il y a eu beaucoup de contretemps, j’ai été malade, je suis tombé trois fois, je me suis posé beaucoup de questions. Cette chute à Liège s’est ajoutée à tout cela et a laissé des traces. C’est de loin la plus grosse de ma carrière, elle a changé beaucoup de choses. Elle fait partie de moi, elle est la raison pour laquelle je suis comme ça désormais. J’ai changé, je prends les choses différemment“.

“Je veux retrouver du plaisir et des victoires. Je veux que la malchance me laisse tranquille”

Et ce, d’autant plus que le champion cycliste est désormais père d’un petit garçon. Sa famille, il a pu en profiter pendentif sa convalescence, l’aidant ainsi à rattraper cette période difficile. Je ne voulais même pas penser au vélo. Les côtes qui avaient perforé mon poumon sont restées cassées un bon bout de temps. Les deux premières semaines ont été très douloureuses, dormir, se vanter. Je regardais beaucoup la télé, je profitais de mon petit (Nino), c’était difficile parce que je ne pouvais même pas le porter. J’ai pu compter sur Marion (Rousse, sa compagne). Ils m’ont aidé à garder la tête haute“.

More son absence sur la grande messe de juillet peut permettre à alaphilippe de développer une fin de saison que s’annonce encore riche en objectifs, notamment avec la Bretagne Classiqueles classiques canadiens, les Touril Tour de Lombardie… Mais surtout une potentielle 3e couronne mondiale d’affiliation en Australie. “Je vais développer un programme avec Franck et partir en étape à Livigno (Italie). Après ça, je veux retrouver du plaisir et des victoires. Je veux que la malchance me laisse tranquille. Je veux balayer ces six derniers mois, passer à autre chose. Je veux redevenir le vrai Julian“.

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