Airbus veut battre tous les records et livrer près de 1 000 avions d’ici 2025

Guillaume Faury, président exécutif d’Airbus, voulait une décision claire à annoncer en mai 2022. Il n’aura pas attendu jusque-là. A l’occasion des résultats du 1er trimestre, le 4 mai, le constructeur européen a confirmé son ambition de produire 75 avions pour la famille A320 NEO d’ici 2025 “afin de répondre à la demande des clients”. Il a pour cela dû convaincre l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement, fragilisée par deux années de crise, d’embarquer avec lui dans un projet aux dimensions sans précédent, que doit le conduire à produire plus de 900 avions para dans trois ans à peine Et notamment Safran, dont le directeur général Olivier Andriès avait émis des doutes quant à la pertinence d’un tel niveau de cadence.

Pour le patron d’Airbus, la situation est extrêmement propre. “Au-delà de 2022, nous avons trouvé la poursuite d’une forte croissance de la demande d’avions commerciaux, tirée par la famille A320”, a-t-il ainsi déclaré.

Guillaume Faury a donc répondu à la question qu’il posait encore il y a quelques mois, à savoir : “Tu vas le monter en cadence juste 70-75 ça va durer ?” Il estime déjà à ce moment-là que les nouvelles commandes engrangées ces derniers mois pour des livraisons à moyen terme délivrées « justifient complètement les montées en cadence que nous prévoyons pour la deuxième partie de la décennie ».

Airbus « soutient la riposte » sur la pertinence du montage en cadence, selon Guillaume Faury

Convaincre les fournisseurs

Hors des certitudes quant à la persistance de la demande à long terme, le président exécutif d’Airbus pour surmonter le convaincant de la chaîne d’approvisionnement, mis à mal lors des deux dernières années. “Notre travail en cours avec nos partenaires industriels pour augmenter encore les cadences de production de la famille A320, afin d’avoir 75 apparitions pour nous en 2025. Cette montée en puissance profitera à la chaîne de valeur mondiale de l’industrie aérospatiale”, à – il a donc affirmé.

La chaîne d’appropriation aéronautique est passée au coup brutal d’un gradin de cadences avec l’apparition de la pandémie en 2020, avant de voir rapidement revenu à l’ordre de bataille pour distribuer de l’avant en 2021. Les fournisseurs sont ainsi déjà sous tension pour atteindre l’objectif le rythme de 65 appareils par mois d’ici mi-2023.

Certains d’entre eux avaient ainsi exprimé la prudence, voire la réticence à distribuer si vite après deux années d’une crise brutale et profonde. Effondrement du secteur aéronautique essoré les trésoreries, réduit les capacités d’investissement comme peau de chagrin, clarifier les effectifs et entreîné de parts de cométences significatives. L’impact de cela s’ajoute au fait que l’ensemble de l’industrie a décidé d’investir fortement et de serrer les coûts avant la crise pour répondre aux exigences des avionneurs et des grands équipementiers.

Olivier Andriès, directeur général du groupe Safran, a également déclaré en décembre 2021 : « Au-delà de notre engagement pour 2023 (sur la cadence 65), c’est trop tôt pour prendre une décision. […] Nous avons une vision (de la demande, ndlr) qu’est plus prudente que celle des avionneurs”. Safran table également sur une croissance du trafic moyen-courrier de 2,9% pour un en moyenne entre 2019 et 2040, celui d’Airbus et Boeing s’entretient plutôt sur une hausse de 4 %.

Airbus retrouve les joies (et les difficultés) de la montée en cadence

Une montée en puissance mondiale

Cette montée en puissance va être répartie en différents sites de production. Le site de Mobile, en Alabama, devrait notamment monter en puissance. Airbus vient de relancer son premier projet pour la nouvelle chaîne d’assemblage à Toulouse, puisque l’ancienne époque était dédiée à l’A380. Le constructeur devra aussi prendre en compte la part croissante de l’A321 NEO dans son carnet de commandes.

Sur les 7 000 avions de la carte de commande d’Airbus, 5 800 appartiennent à la famille A320 NEO mais ne rejoignent pas la majorité des A321 NEO.