Semaine du dessin à Paris : coups de coeur contemporains au salon Drawing Now 2022

Grand rendez-vous des amateurs de dessin contemporain, le Salon Drawing Now se tente au Carreau du Temple à Paris jusqu’au 22 mai. Découvrez nos coups de cœur de cette 15e édition.

Le salon Drawing Now ouvre ses portes aujourd’hui à Paris et accueille jusqu’au 22 mai les amateurs de dessin contemporain. Pour cette 15e édition, 70 galeries d’art internationales occupent les deux niveaux du Carreau du Temple à Paris. Toutes tendances, tous styles. Pour tous. Une fois en prime, une exposition évolutive de Walldrawings organisée par le FRAC Picardie, spécialiste des conceptions murales actuelles. Découvrez les temps forts et les belles surprises de cette édition 2022, entre épure et choc des couleurs.


70 galeries européennes

Ce sont des lieux à Paris et en région. Certaines sont installées à Bruxelles, d’autres à Madrid, La Haye, Hambourg ou Cologne. Toutes promettent le dessin sous toutes ses formes. Le figuratif est très présent, comme dans toutes les grandes manifestations artistiques contemporaines. Le corps apparaît souvent sur ces feuilles de grandes dimensions. Au rang des belles surprises, deux dessins d’Anthony Cudahy (vendues dès l’ouverture du salon) sur le stand de la galerie Semiose, à côté de ceux de Françoise Pétrovitch.

Détail de Daydream de Franck Vickers (Steen and Colt) (2022) d’Anthony Cudahy, stand Galerie Semiose, Drawing Now 2022, Carreau du Temple, Paris, 2022 (©Guy Boyer).

affrontements colorés

Il est étonnant de voir certaines confrontations entre des artistes déjà historiques et des artistes encore à découvrir. Sur le stand de la galerie Jean Fournier, devant trois beaux dessins de Christophe Robe, plusieurs gouaches sur papier de Fabienne Gaston-Dreyfus (née en 1960) voisinent avec une peinture à l’huile de Pierre Buraglio (né en 1939) et une acrylique de Claude Viallat, reconnaissable à ses motifs (né en 1936) d’osselet imprimés à l’infini. Pour tous les trois, la couleur à une place fondamentale. Fabienne Gaston-Dreyfus sera la bénéficiaire d’une exposition personnelle à la galerie du 10 septembre au 5 novembre par chaîne.

Sans titre (2019) de Fabienne Gaston-Dreyfus, Le « 94 » IV (2014) de Pierre Buraglio et Sans titre (1990) de Claude Viallat, stand galerie Jean Fournier, Drawing Now 2022, Carreau du Temple, Paris, 2022 (© Guy Boyer).

Sans titre (2019) de Fabienne Gaston-Dreyfus, Le « 94 » IV (2014) de Pierre Buraglio et Sans titre (1990) de Claude Viallat, stand galerie Jean Fournier, Drawing Now 2022, Carreau du Temple, Paris, 2022 (© Guy Boyer).

Confrontations textuelles

Lorsque la galeriste Isabelle Gounod propose à la jeune Juliette Green d’exposer ses schémas des créations humoristiques de Glen Baxter, elle ne sait pourtant pas quoi faire pour être “matcher”. En effet, les deux artistes qui ne se connaissent pas sont plus qu’ils ne sont et ont joué le jeu de la confrontation textuelle. Les interrogations existentielles de ceux de la première répondent parfaitement aux dessins loufoques du second, en particulier à cet assistant lançant l’hélice d’un harnachement de voyage pour aller au travail.

Que se passerait-il si toutes les frontières étaient abolies (2022) de Juliette Green et My Job was to assure Uncle Frank got safe to work each day (2022) de Glen Baxter, stand de la galerie Isabelle Gounod, Drawing Now 2022, Carreau du Temple , Paris, 2022 (©Guy Boyer).

Que se passerait-il si toutes les frontières étaient abolies (2022) de Juliette Green et Mon travail était de s’assurer que l’oncle Frank partait travailler en toute sécurité chaque jour (2022) de Glen Baxter, stand de la galerie Isabelle Gounod, Drawing Now 2022, Carreau du Temple , Paris , 2022 (©Guy Boyer).

Des noms découverts

Encore une fois, il est impossible de citer tous les artistes qui ont découvert les noms des stands de Drawing Now. Cependant, jardins-en-deux. La première est la Hollandaise Natasja van Kampen (née en 1970) à la galerie La Ferronerie. Celle-ci a reproduit les salles impersonnels des hôtels accueillant les grandes conférences internationales. Des meubles confortables et des vignes reposent sur des tapis chamarrés et évoquent l’absence de résultat de ces meetings politiques. L’autre découverte est la japonaise Rikako Kawauchi (née en 1990) à la galerie Van der Grinten. Ses aquarelles renferment de petits visages colorés que s’unissent en farandoles et interagissent avec des traits représentant des fragments de corps.

Sans titre (2022) de Nastasja van Kampen, stand galerie La Ferronerie, Drawing Now 2022, Carreau du Temple, Paris, 2022 (©Guy Boyer).

Sans titre (2022) de Nastasja van Kampen, stand galerie La Ferronerie, Drawing Now 2022, Carreau du Temple, Paris, 2022 (©Guy Boyer).

Graphite, crayon et fard à paupières

Au rang des dessins classiques au graphite en poudre ou au crayon, notons les beaux panoramiques d’Hélène Muheim sur le stand de la galerie Valérie Delaunay. On et reconnaît des montagnes que se prolongent par une rangée d’arbres dessinant, à l’envers, une autre ligne d’horizon. En regardant plus près, on aperçoit des traces de couleurs, de manière estompée. Il s’agit de fard à paupières, qui donne au dessin cette matière poudrée. La nature semble ainsi étrangement animée et figée avec son double. Comme un reflet dans l’eau que ne transmettrait pas exactement le même réel.

Dessins (2022) d'Hélène Muheim, stand galerie Valérie Delaunay, Drawing Now 2022, Carreau du Temple, Paris, 2022 (©Guy Boyer).

Dessins (2022) d’Hélène Muheim, stand galerie Valérie Delaunay, Drawing Now 2022, Carreau du Temple, Paris, 2022 (©Guy Boyer).

dessins muraux en direct

Le jour de l’ouverture du salon, il était intéressant de voir les artistes comme Emmanuel Béranger, Juliette Green ou Stéphanie Mansy réaliser en direct leurs œuvres murales. Le premier, tenant un crayon à la main et profitant du mur voisin, dessine l’ondulation née d’un saut dans l’espace. La seconde interroge les visiteurs sur leurs comportements de visite pour alimenter un diagramme aux belles qualités graphiques. La troisième utilise le feutre et la gravure pour créer une sorte d’érosion murale. « Une façon de proposer une rencontre entre l’humain et le non-humain dans leur vie infinitésimale et leur langage de traces et descars » explique-t-elle.

Opéra biotique, zone III (2022, en cours d'exécution) de Stéphanie Mansy, présenté à l'exposition « Hyperdrawing », Drawing Now 2022, Carreau du Temple, Paris, 2022 (©Guy Boyer).

Opéra biotique, zone III (2022, en cours d’exécution) de Stéphanie Mansy, présenté à l’exposition « Hyperdrawing », Drawing Now 2022, Carreau du Temple, Paris, 2022 (©Guy Boyer).

« Dessiner maintenant »
Carreau du Temple, 4, rue Eugène-Spuller, 75003 Paris
www.drawingnowartfair.com
du 19 au 22 mai

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